À la Une

Présentation en quelques livres

Bonjour à toi et bienvenue sur ce premier article. Quoi de mieux pour me présenter que de présenter quelques lectures coups de cœur, des lectures qui m’ont marquées et qui, je pense, méritent d’être découvertes. C’est parti?

Les fourmis

La trilogie des Fourmis de l’auteur Bernard WERBER, c’est une saga originale à mi-chemin entre un documentaire animalier et un récit d’aventure exaltant. Des humains d’un côté, des fourmis de l’autre, deux histoires qui, à première vue, n’ont aucun rapport mais dont le lien se tisse au fur et à mesure des pages. Avec ces romans, l’auteur m’a transmis une passion pour les fourmis au travers des descriptions étudiées et terriblement intéressantes et il m’a également offert une critique de la société humaine à la fois brute et pleine d’espoir. Cette trilogie, je la conseille aux lecteurs qui aiment les longues descriptions scientifiques et qui n’ont pas peur d’attendre la toute fin du roman pour avoir le dénouement de l’histoire.

La maison dans laquelle

La maison dans laquelle, écrit par Mariam PETROSYAN, est un roman étrange, énigmatique, entre le réel et l’irréel. Du haut de ses 950 pages, il nous dresse le portrait d’enfants et d’adolescents, livrés à eux-mêmes dans un internat pour handicapés mentaux ou physiques. Coupés de l’extérieur, ils n’ont plus de passé, plus de prénom, les lois changent. On suit ainsi le quotidien de Fumeur, l’Aveugle, Chacal Tabaqui, Sphinx et d’autres, leur vie et leur crainte grandissante d’atteindre leur 18 ans, âge auquel ils devront quitter la Maison. La force de ce récit n’est pas dans l’action qui est peu présente mais plutôt dans le développement des personnages. On s’attache à eux, on a l’impression d’être un membre de leur groupe, si bien qu’en terminant le livre, j’ai eu le sentiment de ne pas avoir eu assez de ce livre. J’ai eu l’envie immédiate de le recommencer pour en découvrir davantage, percer les secrets dissimulés, passer plus de temps avec les personnages.

Autre-monde

La saga d’Autre-monde écrite par Maxime CHATTAM fait partie de ces sagas que j’ai commencées à leur sortie et dont j’ai attendu la parution de chaque tome avec impatience et frustration. Et chaque tome me faisait un peu plus tomber amoureuse de l’histoire. Il s’agit d’une dystopie fantastique immersive et sombre, décrite avec tant de talent qu’on se croirait parfois dans un film. On y suit Matt, un jeune adolescent dont le quotidien se voit bouleversé par une étrange tempête. Les adultes ont disparu, les technologies ont cessé de fonctionner et la nature a repris ses droits au plein cœur de New-York. La raison pour laquelle je peux dire que cette saga est ma préférée c’est pour l’originalité et la complexité de l’histoire imaginée par Maxime CHATTAM. Il y a de l’action, des descriptions prenantes, des personnages attachants, une aventure épique et horrible à la fois et une morale finale extrêmement bien menée. Cette saga, je la conseille à tout le monde tant elle est riche et bien construite.

Voilà un petit condensé de ces lectures qui m’ont marquées et qui me font aimer la lecture. J’espère qu’elles t’en disent un peu plus sur moi et mes goûts littéraires. J’espère aussi que ce premier article t’a plu et qu’il te donne envie d’en lire plus. N’hésite pas à me le faire savoir. A la prochaine.

Les Nuits de Reykjavik

Résumé

Le corps d’un sans-abris est retrouvé dans une rivière à Reykjavik. L’affaire se conclue très vite : l’homme, connu pour être alcoolique, s’est accidentellement noyé. Pourtant, un an plus tard, le policier de nuit Erlandur reprend l’enquête et réalise que cette histoire cache bien plus qu’une simple histoire de noyade.

Avis

Intrigue

L’histoire se concentre principalement sur le métier du personnage principal Erlandur. Il patrouille dans la brigade de nuit de la police locale. Sur son temps libre, il reprend l’enquête qu’il pense avoir été trop vite bouclée un an plus tôt. J’ai eu plusieurs problèmes avec cette intrigue et c’est ce qui a fait que je n’ai pas particulièrement aimé ce roman. Premièrement, le quotidien d’Erlandur n’est pas passionnant à suivre et très répétitif. Il patrouille, arrête des conducteurs en état d’ivresse chaque soir, se rend à certains domiciles pour tapage nocturne et c’est à peu près tout. Quelques interventions sortent du lot, notamment celle d’un homme pris sur le fait en train de frapper sa femme si violemment que les voisins ont appelé la police. J’ai été désagréablement surprise de l’indifférence de tous les policiers lorsque l’homme est relâché sans punition parce que sa femme, envoyée à l’hôpital, n’était finalement pas en danger de mort.

Ensuite, l’enquête en elle-même sur la mort du sans-abris ne m’a pas non plus passionnée. J’ai pris en note lors de ma lecture : « La mort d’un homme il y a un an, inconnu du lecteur, sans aucun vrai contexte ni raison pour reprendre l’enquête, ne suffit pas à créer une intrigue ou du moins un intérêt chez le lecteur, surtout quand l’écriture à côté n’a rien d’exceptionnel ou de captivant. ». En effet, à plus de 100 pages dans le roman sur 350, il ne se passait pas grand chose qui me faisait porter un intérêt à l’histoire. C’était une succession d’évènements sans beaucoup de lien, quelques moments d’une enquête maladroite et aucun élément pour s’attacher à Erlandur. Et malheureusement, ma déception ne s’est pas arrêtée aux premières pages mais a persisté tout du long, si bien que le dénouement ne m’a fait ni chaud ni froid et m’a même un peu déçu car il était finalement très basique.

Ecriture

L’écriture n’a pas aidé à me faire apprécier le roman. On se retrouve face à une plume très factuelle, typique des romans policiers où l’on suit un personnage récurant. Les évènements se succèdent, on n’en apprend très peu sur les personnages, tout s’enchaine sans grand attachement à quoi que ce soit. Si l’intrigue avait attisé ma curiosité ça ne m’aurait pas dérangé mais comme je l’ai expliqué, ça n’a pas été le cas. Ce qui m’a particulièrement dérangé en revanche, ce sont les répétitions. Erlandur apprend quelque chose d’un personnage puis, à chaque nouvelle interaction avec quelqu’un impliqué dans l’histoire, le policier va répéter tout ce qu’il sait déjà. On se retrouve ainsi dans une intrigue policière qui avance peu et qui en plus, devient très redondante. J’ai également noté que les dialogues n’étaient pas très naturels et les réactions peu réalistes. Enfin, un élément m’a dérangé tout le long du roman, le fait que le seul mot utilisé pour désigner Hannibal, le sans-abris décédé, était « clochard ». Je trouve ça peu subtil voire méprisant de la part des personnages mais surtout d’Erlandur qui prétend le respecter et qui veut lui offrir justice en élucidant sa mort.

Personnages

Je n’ai pas grand chose à dire des personnages car au final, on n’en suit qu’un seul, Erlandur, et on n’apprend pas grand chose de lui. Tout ce qu’on sait de lui à la fin, c’est qu’il a plus ou moins une petite amie qu’on ne rencontre qu’une fois, qu’il se passionne pour les livres à propos de survivants en milieux extrêmes et son amour pour le poisson bouilli. C’est un peu grossi mais c’est globalement l’impression que j’ai eu en lisant ce roman. Les personnages secondaires ne servent qu’à faire avancer l’intrigue ou a introduire des suspects mais ils ne sont pas développés non plus. Aucun ne reste en mémoire une fois le livre refermé.

Bilan et note

Points positifs :

  • Ça se lit relativement vite
  • Ça fait un peu découvrir l’Islande, raison principale pour laquelle j’ai décidé de lire ce livre

Points négatifs :

  • L’intrigue n’est pas particulièrement innovante ni intéressante
  • L’écriture est très plate voire maladroite par moment
  • Les personnes n’ont pas ou très peu de développement
  • L’un des thèmes principaux abordés dans ce roman est la maltraitance conjugale et je l’ai trouvé assez mal traité, avec trop de détachement, comme si ce n’était pas un sujet important

En résumé je n’ai pas aimé ce livre, je me suis ennuyée tout du long et la révélation à la fin ne m’a pas satisfaite. Pour cette raison, je mets un 8/20 à ce roman policier. Je commence à réaliser que les romans où un policier est le personnage principal n’est pas fait pour moi car aucun de ceux que j’ai lu récemment ne m’a marqué ou particulièrement plu. C’est peut-être ça le problème car les revus que j’ai pu lire étaient globalement positives.

UN(e)SECTE

  • Auteur : Maxime Chattam
  • Pages : 454
  • Genre : Policier

Résumé

Un cadavre est retrouvé dans un zoo abandonné mais il ne reste de la personne que son squelette et ses vêtements laissés intactes. Autour de lui, des centaines d’insectes ont été écrasés. Atticus Gore est le policier qui se voit attribué ce cas atypique.

Une jeune femme est déclarée disparue. Sa mère confie l’enquête à Kat Kordell, une détective privée, car la police refuse de la croire. Kat se retrouve alors sur les traces d’une sombre adolescente aux passes-temps plus qu’étrange.

Ces deux enquêtes qui de prime abord ne semblent rien avoir en commun se retrouvent liées par des circonstances effrayantes.

Avis

Intrigue

En lisant les premières pages de ce livre, voilà ce que j’ai pris en note : « Le prologue est très intrigant, dès les premières lignes, et très imprégnant, surtout lorsqu’on est arachnophobe. Il est intéressant que l’auteur nous donne des clés pour réussir à lire un livre d’horreur, ce qui laisse présager qu’on va y être confronté ». Je suis donc rentrée dans un(e)secte en pensant lire un livre d’horreur ou un thriller horrifique, d’où mon bilan mitigé en refermant le livre. Ce n’était rien de tout ça mais en réalité un polar, avec une ou deux scènes un peu oppressantes.

On suit un policier confronté à une enquête peu banale : un homme est retrouvé mort, il ne reste de son corps que les os et les vêtements par dessus. Un élément dérangeant est la quantité improbable d’insectes écrasés aux alentours du cadavre. Le policier Atticus Gore se voit attribué l’affaire car il est passionné d’entomologie. En parallèle, la détective Kat Kordell doit retrouver une adolescente aux habitudes ésotériques plus qu’étranges.

Si j’ai trouvé le livre addictif, l’intrigue ne m’a cependant pas du tout surprise. Je me suis lancé dans l’enquête avec une idée de ce qui a pu se produire et ça s’est avéré être exactement le dénouement. Ce qui m’a posé problème, c’est que le titre et le résumé de la quatrième de couverture ne laisse aucune place à la surprise. Je conseille donc à ceux qui s’intéressent aux polars impliquant des insectes de se plonger dans l’histoire sans plus se renseigner sur ce livre et sans lire le résumé. J’ai globalement aimé suivre l’enquête mais ça ne révolutionne pas le genre et j’ai trouvé le rythme un peu lent et répétitif au milieu du livre.

J’ai malgré tout apprécié la fin, le commentaire fait sur la société et les motivations de l’antagoniste. Bien que prévisible, c’est le genre de finalité que j’aime lire et une conclusion qui me satisfait.

Personnages

Atticus Gore est un policier loin des clichés du genre. Il n’est ni alcoolique, ni sexiste et il n’a pas un passé douloureux qui l’aurait rendu cynique et qui pardonnerait un comportement toxique. C’est bête à dire mais ça change et c’est appréciable. Atticus est un homme simple, qui ne cherche qu’à faire ses preuves auprès de la police après de nombreuses enquêtes ratées. Bien que trop peu développé à mon goût, il reste un bon personnage à suivre, avec ses goûts musicaux atypiques et sa détermination à faire ce qui est bon plutôt que ce qui est plus simple.

Kat Kordell est une détective privé qui suit le même trajet que son oncle décédé qu’elle adorait. Elle est en quête de faire ses preuves dans un milieu majoritairement masculin. C’est un personnage qui ressemble à Atticus dans sa mentalité et sa détermination de détective. Elle recherche la vérité, peu importe à quel point elle peut être dérangeante. Encore une fois, son développement reste bien trop en surface. Comme dans la plupart des romans policiers, l’action prend le pas sur les protagonistes.

On découvre également quelques personnages secondaires, certains plus intéressant que d’autres, mais encore une fois, aucun ne sort vraiment du lot et aucun ne reste en mémoire une fois le livre refermé.

Écriture

L’écriture est exactement celle que l’on peut attendre d’un roman policier, très descriptif de l’action, de la recherche et qui ne laisse pas beaucoup de place au développement des personnages principaux. Le livre va droit au but et est très factuel. J’avais énormément aimé l’écriture de Maxime Chattam dans sa série Autre-Monde et j’ai été déçue de ne pas retrouver sa plume si immersive et visuelle qui vous embarque dans l’histoire et vous donne l’impression d’y être au même titre que les personnages.

Récapitulatif et note

Points positifs :

  • L’addictivité
  • L’originalité du thème abordé
  • La fin qui a pour but d’ouvrir les yeux sur certains sujets.

Points négatifs

  • L’exécution qui ne laisse pas de place à la surprise
  • Le marketing du livre (titre, résumé, couverture)
  • Les personnages peu développés (mais qui restent cependant loin des gros clichés du genre)

C’est un article plutôt court que j’écris mais je n’ai au final pas grand chose à dire de ce livre. Il a été divertissant et je l’ai lu très rapidement. Il rempli sa fonction de polar mais n’a rien de très mémorable. C’est pour cette raison que je lui mets la note de 13/20.

Aristotle and Dante discover the secrets of the universe

English reading : english writing.

« He looks like a guy who was in love with beeing alive »

Summary

Aristotle and Dante discover the secrets of the universe is a young adult novel from Benjamin Alire Saenz. We follow the everyday life of Aristotle, a 15 years old Mexican-American boy who struggles to find his place on the world. He doesn’t have real friends and feels like he is living another person’s life. One day at the pool, he meets Dante and together, they start trying to understand the mysteries of the world around them.

My opinion

The plot

This story is really character driven. There is not a lot of action and mainly discussions between the different characters. We follow Aristotle who struggles to talk to his dad, Aristotle who wants to know what happened to his brother who is in jail, Aristotle who is always angry at everyone and doesn’t know why. In my opinion, while all the characters are amazing, the story is pretty basic with plots we already saw elsewhere.

For example when Dante has to leave at the end of the summer or the car accident.

The connection between Aristotle and Dante is strong and beautiful and we are waiting for this friendship to become more but the love story comes too late for me. I wanted to know more about it and not just how it started. For a novel called « discover the secrets of the univers », some teenager topics are missing and the ending was a little bit to easy and clumsy. I am not a fan of « the reason I was so angry was because I did not want to face who I am and who I love » when he has a lot of other reasons to be mad.

Nevertheless, this is overall a really good story about love, the issues a Mexican-American teenager is facing, family, and life in general.

The characters

As I was saying earlier, the characters are what makes the novel. The dynamic between Aristotle and Dante is unique and sounds real. Both of them have their own identity, their own way of speaking and their own way to communicate their feelings. Aristotle is a time bomb, he is lost and do not like to talk much about himself. On the contrary, Dante is calm, pure and he likes to talk a lot about himself and everything around him.

This express the fact that their family dynamics are completely different. Dante loves his mom and dad more than anything and he is not affraid to say that they are his best friends. Aristotle talks to his mom but some topics, such as his brother, are taboo and this creates a distance between them, whether they are aware of it or not. He is not talking to his father at all because he is traumatise by war and don’t want to talk anymore.

Even when they are together, Dante is the one talking most of the time. But it doesn’t avoid them to create a strong and one of a kind friendship. I loved both of them and the side characters as well because everyone is complexe and interesting.

Rating

I was sure this book would become one of my favourite books because I heared so many good things about it. Sadly, while I liked it a lot, it was not as perfect as I expected. For this reason, I give this book a 16/20. It was beautifuly writen, I will remember the characters for a long time but overall, I read other similar books I prefered. They both die at the end by Adam Silvera for example.

Le Prieuré de l’Oranger

  • Auteure : Samantha Shannon
  • Pages : 958
  • Genre : Fantasy Adulte

Résumé :

Au reinaume d’Inys, la lignée Berethnet règne sur l’Ouest de mère en fille depuis 1000 ans. La survie de cette lignée, dit-on, est la seule chose qui empêche le Sans-Nom, un dragon de feu, de se réveiller et reprendre son règne de chaos. Pourtant, les serviteurs de ce monstre commencent à se manifester. Des menaces de plus en plus nombreuses pèsent sur la reine Sabran IX, remettant en doute la légitimité de son pouvoir.

Ead a quitté le prieuré de l’Oranger afin de protéger cette reine, malgré la divergence de leurs religions et malgré le fait que faire usage de sa magie pourrait la condamner à mort.

A l’Est, Tané est sur le point d’intégrer la dynastie des dragonniers et de faire la rencontre des dragons d’eau. Mais sa rencontre avec un étranger arrivé illégalement sur les côtes de la Seiiki pourrait bien l’empêcher de réaliser son rêve.

Avis :

L’intrigue

L’intrigue se base principalement sur les divergences religieuses entre l’Est et l’Ouest ainsi que sur la peur du Mal Rouge, présent uniquement à l’Ouest. Le point de départ de l’histoire est d’ailleurs l’arrivée d’un Ouestrien à l’Est et le risque que celui-ci soit infecté par cette maladie draconique.

On suit une multitude de personnages des deux côtés de la carte, ayant chacun leur propre histoire, qui finissent par s’entremêler. A l’Ouest, à Alscalon, l’histoire se base principalement sur la vie de cour de la Reine, son refus de se marier et d’engendrer sa descendance. On suit également Ead et sa volonté de se rapprocher de la reine pour la protéger de la menace de mort qui pèse sur elle, tout en dissimulant ses pouvoirs de mage.

En Seiiki, l’intrigue tourne autour de la volonté de Tané de devenir dragonnière et d’ainsi combattre aux côtés des dragons. L’arrivée d’un Ouestrien met pourtant en péril son rêve d’une vie, lorsqu’elle décide de ne pas le déclarer aux autorités en le trouvant sur la côte. Cette seule décision va la précipiter dans une quête qu’elle n’aurait pas soupçonnée.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est la complexité de chaque arc narratif. Au début, on apprend à découvrir les différents personnages, à comprendre leurs enjeux et leurs motivations. Puis, petit à petit, la véritable intrigue commence et l’action ne s’arrête plus jusqu’à la fin. Le rythme est soutenu, l’histoire passionnante à suivre et le monde intrigant. J’ai apprécié le fait que la religion soit un point majeur de l’histoire et qu’elle prenne une part très concrète dans le déroulement de certains événements.

L’écriture

Lorsque je me suis plongée dans ce livre de presque 1000 pages, j’ai eu peur de m’ennuyer à certains moments ou de me trouver face à des descriptions de l’univers à n’en plus finir. Pourtant, l’écriture de Samantha Shannon m’a tout de suite plongée dans l’histoire, et malgré le début plutôt lent qui sert à poser les bases du monde que l’on découvre, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. J’ai tout de suite aimé suivre les différents personnages et les clés de compréhension de l’univers sont donnés au fur et à mesure, ce qui ne rend pas le récit lourd d’informations. Au début, on ne comprend pas tous les éléments donnés et certains mots de vocabulaire mais l’incompréhension se dissipe peu à peu. La plume est très addictive et je me suis retrouvée au milieu du roman à ne plus vouloir m’arrêter car chaque chapitre me donnait envie de lire la suite et l’action et les retournements de situations ne s’arrêtaient plus. Si bien que je n’ai pas vu les 950 pages passer.

Les descriptions sont très visuelles ce qui m’a permis d’imaginer le monde de manière très concrète et me donnait envie d’en découvrir toujours plus. On a beau se retrouver face à de nombreux lieux, avec des coutumes, des styles, des architectures différentes, je ne me suis pas retrouvée perdue au milieu. Chaque ville à ses particularités. Les personnages ont des traits physiques spécifiques à l’endroit dont ils sont originaires. On peut d’ailleurs faire des analogies avec le monde réel, par rapport aux traits physiques, aux consonances des noms choisis ainsi qu’aux climats décrits.

Les personnages

Ead Duran est une femme déterminée et dévouée à ses racines. Se retrouver dans une cour où elle ne partage aucune croyance ni coutume la force à jouer la comédie en permanence. Les personnes vivant à la cour ne manque d’ailleurs pas de lui rappeler qu’elle est une hérétique. C’est sa dévotion à la mission donnée par le prieuré qui dicte ses faits et gestes, quand bien même ça pourrait la mettre en danger sur ce territoire qui n’est pas le sien. C’est à travers ses yeux qu’on apprend à connaitre la reine Sabran XI, qui a une part très importante de l’histoire mais dont on n’a jamais le point de vue. Ce personnage étant d’un naturel très froid et réservé, le fait de ne pas avoir son point de vue renforce le mystère planant sur elle, ses motivations, ses émotions.

Niclays Roos est un médecin exilé qui a connu l’Ouest mais qui est forcé de vivre à l’Est. Il prend une part importante de l’histoire quand Tané va l’obliger à héberger l’inconnu débarqué de l’Ouest. Il s’agit d’un personnage complexe à la fois attachant et détestable qui n’a qu’une motivation depuis toujours, finir le travail que son amour de jeunesse a commencé.

Tané m’a semblé, au départ, peu impliquée dans l’histoire globale du roman. Elle suit son rêve de rencontrer les dragons d’eau et agis uniquement en fonction de ça. Mais un élément va tout changer et ses motivations également. C’est une femme de valeur qui se dévoue totalement aux personnes qui l’entoure. C’est un personnage que j’ai vraiment appris à aimer suivre au fur et à mesure de son évolution.

Les personnages secondaires sont extrêmement nombreux mais suffisamment développés pour qu’on se souvienne d’eux. J’ai beaucoup apprécié le fait qu’un équipage de pirate prenne une part importante de l’histoire et donc qu’une partie de l’intrigue se passe en mer. J’ai également aimé le fait que l’on voyage beaucoup d’un pays à l’autre et donc qu’on ai une vue d’ensemble des problématiques et des enjeux de chacun. Globalement, tous les personnages sont bien écrits et mémorables, ce qui n’est pas évident lorsqu’on apprend à en connaitre une quinzaine.

Récapitulatif et note

Points forts

  • L’immersion
  • Les personnages très développés et singuliers
  • La complexité de l’intrigue

Points faibles

  • La complexité de l’intrigue et du monde peut être un frein pour certains car il faut au moins 150 pages pour comprendre à peu près où l’histoire va et dans quel monde on se trouve. Il faut aimer les longues expositions.

Le prieuré de l’oranger est un roman que j’ai apprécié de A à Z. De l’intrigue aux personnages en passant par l’univers décrit, c’est un coup de cœur et probablement le roman qui se hissera sur la première place de mes meilleures lectures de l’année 2020. Je lui mets la note de 20/20 et le recommande aux personnes qui aime la fantasy très développée mais également à ceux qui aimerait découvrir le genre car il vaut le détour. Ne vous laissez pas décourager par sa taille car une fois plongé dedans, vous ne verrez pas les pages défiler.

Bilan Lectures 2019

Bilan

  • Livres lus : 21
  • Nouveau coups de cœur 💜 : 4
  • Meilleure lecture : La maison dans laquelle – Mariam Petrosyan
  • Pire lecture : Close to home – Cara Hunter
  • Genre dominant : Fantasy / Fantastique
  • Livre en anglais : 9

Classement

  1. La Maison dans Laquelle – Mariam Petrosyan 💜
  2. Six of Crows Tome 1 et 2 – Leigh Bardugo 💜
  3. They Both Die at the End – Adam Silvera 💜
  4. Thomas Ward l’Epouvanteur – Joseph Delaney
  5. Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Univers – Benjamin Alire Saenz
  6. Zoomancie – Adrien Tomas
  7. La Jeune Fille et la Nuit – Guillaume Musso
  8. La résurrection de l’Epouvanteur – Joseph Delaney
  9. Le Meurtre du Commandeur Tome 1 – Haruki Murakami
  10. Le Meurtre du Commandeur Tome 2 – Haruki Murakami
  11. Au revoir là-haut – Pierre Lemaitre et Christian De Metter
  12. Red White and Royal Blue – Casey McQuiston
  13. The Seven Husbands of Evelyn Hugo – Taylor Jenkins Reid
  14. Rock and Riot – Chelsey Furedy
  15. Amours Solitaires – Morgan Ortin
  16. Close to Home – Cara Hunter

Relectures

  1. Le Soleil est pour Toi – Jandy Nelson 💜
  2. Harry Potter and the Half Blood Prince – JK Rowling 💜
  3. Harry Potter and The Order of the Phoenix – JK Rowling 💜
  4. Harry Potter and the Deathly Hallows – JK Rowling 💜

Non Finis

La Marelle – Samantha Bailly

Je ne terminerais pas ce livre parce que je n’avais pas d’intérêt pour l’histoire que j’ai trouvé assez clichée. Ce n’est pas un mauvais livre, l’écriture était agréable à lire, mais ça n’a pas piqué suffisamment mon intérêt pour que j’ai envie de continuer.

Les Misérables – Victor Hugo

C’est un très long livre. J’en ai lu le début et je souhaite le continuer mais petit à petit pour ne pas me lasser.

Le Nom du Vent – Patrick Rothfuss

C’est ma lecture de fin d’année donc je la terminerais en Janvier 2020. J’aime beaucoup pour l’instant.

Zoomancie

  • Auteur : Adrien Tomas
  • Pages : 330
  • Genre : Jeunesse, dystopie

Résumé :

La montée des eaux a eu raison de la plupart des continents du monde. Paris est partiellement sous les eaux. Là-bas, Faustine lutte contre la colère qui a envahi toute l’espèce humaine en s’occupant des animaux du zoo de Montvermeil, des animaux qui ont pratiquement disparu à l’état sauvage. Kamili, sur le riche continent Africain, s’est juré de protéger la réserve naturelle de Mwanga. Mais assurer la sécurité des animaux devient de plus en plus difficile. A Kuala Lumpur, Spider reçoit un papier crypté qui pourrait tout changer. Mais sa vie en devient menacée. Et son seul espoir semble être lié aux araignées.

Avis :

Intrigue

On va suivre ces trois personnages dans leur lutte contre la colère qui a envahi l’humanité, dans leur quotidien qui se voit bouleversé au même moment malgré la distance qui les sépare et dans la découverte de leur habilité à se lier aux animaux. Zoomancie est un roman singulier et très intéressant à découvrir. L’auteur sait surprendre jusqu’à la fin et semer les éléments d’intrigue petit à petit. J’ai particulièrement aimé le dénouement que j’ai trouvé très intelligent.

L’écriture

L’écriture est extrêmement bien maitrisée la plupart du temps ; les citations sont sublimes, les mots sont justement dosés et cinglants pour que l’impact soit puissant. Le début, lorsque l’on découvre le monde dans lequel se passe le roman, est particulièrement agréable à lire parce que cette découverte se fait selon les sentiments des personnages. Les descriptions de ce monde en ruine se fait avec une colère particulièrement bien retranscrite. Une phrase descriptive de la tour Eiffel montée sur une plateforme m’a marquée :

« 60000 Parisiens sont morts pendant les cinq premières semaines de crue, faute de planification, mais la tour Eiffel avait les pieds au sec. »

Les réflexions sur l’écologie et notre mode de consommation actuel sont omniprésents et c’est très appréciable car c’est un thème encore timide dans les romans. Il est abordé très justement, toujours avec cette pointe d’amertume que l’auteur veut faire passer. Des analogies avec notre monde actuel se font tout au long du récit, particulièrement lorsqu’on est du côté de Kamili qui vit dans une Afrique qui s’est enrichie tandis que les pays riches se sont effondrés. Ces parallèles ne sont pas très subtiles mais ils fonctionnent et participent à l’immersion, parce qu’on se reconnait dans les discours.

L’un des points forts de l’écriture est ce ressenti que l’auteur s’est renseigné sur les sujets qu’il aborde. Il a fait des recherches pour être le plus précis possible et on sent qu’il a des connaissances dans sa manière d’écrire. Et c’est le fait de savoir qu’il connait ses sujets qui m’a frustré vers la fin, quand des idées excellentes sont effleurées alors qu’elles auraient mérité plus de développement. Tous les évènements s’enchainent et la partie description qui me plaisait tant laisse place a une action un peu précipitée.

Globalement, l’écriture m’a conquise. Je trouve donc ça un peu dommage qu’elle n’ait pas été constante tout du long. En fait, le reproche principal que je fais à ce livre est sa longueur. S’il avait 100 pages de plus, les idées auraient pu être plus abouties et les personnages auraient été mieux développés.

Les personnages

Faustine est une jeune femme qui lutte contre la colère qui l’entoure. Elle vit dans une ville très pauvre, envahie par les eaux et elle a à peine assez d’argent pour vivre. Mais le jour où une baleine se retrouve bloquée dans les canaux de Paris, elle va découvrir en cet animal l’espoir et l’apaisement qui lui manquait depuis toujours. C’est un personnage affligé par la vie mais qui sait trouver la lumière là où beaucoup ont arrêté de chercher. 

« Les animaux lui font confiance, acceptent toujours sa présence, s’apaisent à son contact, se calment en entendant sa voix. Moi aussi, d’ailleurs. Un rappel quotidien que je suis un animal comme les autres. »

Kamili ne succombe pas à la colère qui a envahi l’humanité. Mais il succombe à la peur. La peur de perdre son unique raison de vivre : son travail de ranger à la réserve de Mwanga et la jeune Okapi avec qui il a tissé un lien de confiance très fort. C’est un personnage pur, qui déteste la violence. Il est souvent submergé par ses émotions, que ça soit la tristesse, la peur ou le désespoir.

 « La violence est un simple spectacle du quotidien. »

Spider est un personnage principal mais qui reste très en retrait dans le roman selon moi, ce qui est dommage car il y avait beaucoup de potentiel pour un faire un personnage très intéressant. Il vit seul, au jour le jour, et travail en tant que Death Broker. Son rôle est de retrouver des personnes dont la tête a été mise à prix mais dont personne ne connait la véritable identité. Il est sans arrêt en alerte, par peur de se faire prendre par la police numérique. Il n’aime pas la présence d’autres humains mais il va trouver des alliées puissantes lorsque sa vie se retrouve menacée : les araignées.

« Il y a toujours quelque chose à craindre, et on ne peut jamais prévoir si le coup dur sera du fait de mère Nature, ou de l’humanité à bout de nerfs. »

L’auteur a su créer des personnages assez unique et intrigant à suivre. Ils nous ressemblent mais le contexte dans lequel ils vivent fait d’eux des humains différents de nous qu’on a envie de découvrir. J’aurais cependant aimé avoir plus de développement de leurs personnalités et de leurs passés. Des pages supplémentaires auraient permis de mieux apprendre à les connaitre.

Récapitulatif et note:

Points forts :

  • Les idées
  • La recherche scientifique
  • L’écriture incisive

Points faibles :

  • Le roman est trop court
  • L’irrégularité de l’écriture

Zoomancie est un roman que j’ai beaucoup apprécié mais je m’attendais à un coup de cœur qui n’a pas eu lieu. Je lui mets donc la note de 16/20. Je recommande ce livre aux personnes qui aiment la dystopie, les thèmes des animaux, de l’écologie et de l’humanisme. C’est selon moi un très bon livre à mettre dans les mains de préadolescents et adolescents.

Le soleil est pour toi

  • Auteur : Jandy Nelson
  • Pages : 480
  • Genre : Contemporain jeune adulte

Résumé :

Lorsqu’ils ont 13 ans, Jude et Noah sont deux jumeaux très fusionnels. Ils sont tous les deux passionnés d’art, Noah de dessin, Jude de sculpture et de couture. Mais lorsqu’on les découvre trois ans plus tard, tout a changé. Noah et Jude ne sont plus les mêmes et ils ne se parlent plus. Peut-être à cause de l’arrivée de ce nouveau garçon en ville, Brian ou peut-être à cause de leur envie commune de rejoindre l’école d’art renommée à côté de chez eux.

Mon avis:

L’intrigue

L’intrigue est basée sur la découverte de la cause de ce froid entre Noah et Jude. Les points de vue sont alternés entre Noah à 13 ans, lorsqu’il rencontre Brian et qu’il tombe fou amoureux et Jude à 16 ans, qui est persuadée que les fantômes de son passé saccagent sa vie présente, et les sculptures qu’elle réalise à l’école d’art.

Mais ce roman est tellement plus que ça. On y parle d’à quel point les secrets peuvent détruire, même s’ils existent à la base pour protéger. De ce que la jalousie est prête à nous faire faire. De ce que l’on peut faire par amour, lorsque celui-ci dépasse l’entendement. Le soleil est pour toi est un roman unique qui parle d’amours avec un S. D’amour familial, d’amour passionnel, d’amour destructeur, d’amour sans limite.

L’écriture

L’écriture est tout simplement incroyable. Jandy Nelson a travaillé dans les moindres détails chaque tournure de phrase pour que chaque mot soit impactant et brûlant d’émotion. Ce sont les figures de style, les hyperboles, les métaphores qui font de ce roman un chef d’œuvre. Il n’y a pas de description anodine des sentiments des personnages parce qu’ils ne ressentent pas de manière modérée. Chaque sentiment est vécu comme une explosion, ce qui donne lieu à des tournures de phrases aussi évocatrices que magnifiques.

Lorsqu’on parle d’amour :

« Ma cécité ne dure qu’une seconde, après quoi les couleurs me bombardent – non par les yeux mais par la peau, remplaçant mon sang et mes os, mes muscles et mes ligaments, jusqu’à ce que tout devienne rougeorangebleuvertvioletjaunerougeorangebleuvertvioletjaune. »

« Ce qui s’est passé entre nous a colonisé jusqu’à la dernière cellule de mon cerveau. J’arrive à peine à nouer mes lacets. J’avais oublié comment on marchait, ce matin. »

« Je me sens comme un tsunami dans un gobelet en carton. »

Lorsqu’on parle de solitude et de regrets :

« Viens pour moi le moment de me réfugier dans mon abri secret, à l’intérieur de moi, et d’en refermer la porte. Car je n’ai pas l’intention d’en ressortir. Plus jamais. (AUTOPORTRAIT : sans titre) »

« Les histoires d’amour ne sont pas écrites pour les filles capables de faire ce que je venais de faire à mon frère, les filles au cœur noir. »

De la même manière, il n’y a pas de description anodine des personnages du roman non-plus. Ces descriptions ne sont pas faites d’un point de vue objectif. Le personnage qui décrit la personne en face de lui fait la description de son point de vue, avec ce qu’il ressent et ce qu’il vit sur le moment, ce qui donne lieu à des individus unique. Le lecteur doit traduire et fait travailler son imagination pour déchiffrer qui il a en face de lui.

« Dieu, il était super bourré quand il l’a créé. Un petit coup par-ci. Un petit coup par-là. Un œil marron. Un œil vert. Nez tordu, bouche tordue. Sourire de psychopathe. Dent cassée. Cicatrice ici, cicatrice là. Un puzzle. »

« Mais là encore, il ne réagit pas comme je m’y attendais. Il m’adresse le sourire le plus sincère que j’ai jamais vu chez lui, un sourire qui part de ses yeux et semble ne s’achever nulle part sur son visage. »

Les personnages

L’un des nombreux points qui font de livre l’un de mes préférés est la singularité des personnages et le travail que l’auteure a fait sur chacun d’eux.

A 13 ans, Noah est ce jeune adolescent en marge de sa ville. Il a peur de nager, dans une ville au bord de la mer où tout le monde fait du surf. Il aime peindre, refaire le monde, communiquer par télépathie avec sa sœur. Et puis il aime pour la première fois. Brian, son nouveau voisin qui lui fait perdre la tête, qui est comme lui, différent. Et a 16 ans, Noah est devenu son pire cauchemar. Il est devenu normal. Il a des amis, il va en soirée, il saute de la falaise de la mort, cette falaise qui donne sur la mer. Petit à petit, au cours de l’histoire, on démêle ce qui est arrivé et pourquoi il est devenu comme ça.

C’est lorsqu’il a 13 ans qu’on suit l’histoire du point de vue de Noah et qu’on apprend à connaitre comment il fonctionne. On y découvre qu’il possède ce musée invisible, qu’il garde secret au fond de sa tête et qu’il complète de peintures mentales qui montrent le monde tel qu’il le voit. Le suivre à travers sa quête identitaire, ses peurs, ses déceptions mais aussi ses joies et sa vie de tous les jours est un ascenseur émotionnel mais c’est aussi magnifique et terriblement immersif.

« Je t’aime », lui dis-je, mais il n’en sort que : « Salut. »

« A la folie », me répond-il, sauf qu’il n’en sort que : « Hé, bonsoir. » 

A 13 ans, Jude est pleine de vie, passionnée de surf, passionnée de sculpture et de mode, impatiente de grandir, un peu trop impatiente. A 16 ans, lorsqu’on est de son point de vue, Jude est transformée. Elle n’a plus d’amis. Elle s’est créé un boycott anti-garçons à base de tenues amples et de casquettes. Elle ne vit qu’à travers la bible de sa grand-mère décédée qui recèle de dictons et de conseils de vie loufoques. Elle est également persuadée qu’un fantôme sabote volontairement sa vie. Là encore, le cheminement de l’histoire nous amène jusqu’à l’élément déclencheur de ce changement brutal.

Alors qu’elle est menacée de devoir quitter son école d’art, Jude se voit lancée sur la trajectoire d’un sculpteur étrange et brisé par la vie. Elle rencontre par la même occasion Oscar, un jeune homme qui est persuadé qu’elle est la fille de sa prophétie. Vivre dans la tête de Jude est aussi drôle que mélancolique et une fois de plus, on ressent toutes les émotions qu’elle traverse comme si on y était. Sa culpabilité sans limite, sa phobie du monde qui l’entoure, sa lutte contre ses sentiments et contre qui elle est.

« Au cas où vous vous poseriez la question : non, les trèfles à quatre feuilles trafiqués à la colle, ça ne marche pas. »

« « Écris tes péchés sur des pommes encore accrochées aux branches ; quand elles tomberont, ta culpabilité et tes remords s’effaceront. » (Nous n’avons pas de pommiers à Lost Cove. J’ai essayé avec un prunier, un abricotier et un avocatier. Mes remords sont toujours là.) »

Il n’y a pas un personnage que j’ai préféré suivre. Ils étaient tous les deux incroyables et complexes et la répartition de parole entre les deux est brillamment faite. Ce serait trop long de développer les qualités des personnages secondaires mais ils sont tout aussi attachants et singuliers.

Note :

Je mets à ce livre un 20/20 sans la moindre hésitation. Je ne pense pas qu’il plaira à tout le monde mais si vous avez été touché par les citations que j’ai choisi d’intégrer alors il y a de fortes chances pour que ce livre soit un coup de cœur pour vous aussi. Et si vous avez lu des livres similaires à celui-ci, partagez-les-moi.