La saga « Le meurtre du commandeur »

« Plutôt que de parler de rêve, je dirais même que cela faisait penser à un morceau de réalité qui s’était glisser par erreur dans mon sommeil. »

Résumé :

Un homme au quotidien monotone apprend du jour au lendemain que sa femme veut divorcer. N’ayant plus aucun repaire, il abandonne son travail de portraitiste qui ne lui donnait aucune satisfaction et se lance dans un road trip à travers des villes du Japon, en attendant de savoir ce qu’il veut faire de sa vie. Après plusieurs mois de périple, un ami lui propose d’habiter la maison de son père, peintre célèbre devenu sénile. Il se retrouve alors dans une maison à flanc de montagne, coupé du monde. C’est l’occasion pour lui de se remettre à peindre puisque le cadre s’y prête. Mais pour une raison obscure, un homme lui propose une somme d’argent extraordinaire pour qu’il peigne son portrait. A partir de ce moment, des évènements mystérieux commencent à s’enchaîner.

Avis :

L’intrigue

Ce livre est étrange, loin de tout ce que j’ai pu lire. On se trouve dans un roman contemporain sur fond de fantastique. L’intrigue n’est pas révélée instantanément bien que le résumé nous donne quelques indices. On y suit principalement le quotidien de cet homme qui doit se reconstruire et retrouver une vie pour lui puis, petit à petit, on plonge dans une histoire mystérieuse dont le protagoniste a du mal à trouver une explication rationnelle. Mais cette dimension fantastique reste beaucoup au second plan et d’autres intrigues plus ou moins liées se mettent en place. Qui est l’étrange Menshiki, l’homme qui veut qu’on brosse son portrait ? Que cherche-t-il ? Que cache le peintre célèbre à qui appartient la maison que le protagoniste habite ?

L’écriture

On retrouve le style d’écriture très contemplatif de Murakami. L’histoire n’est pas concentrée sur l’action mais sur la description du quotidien, des lieux, des personnages. C’est quelque chose que j’apprécie particulièrement dans mes lectures quand l’auteur sait donner de l’intérêt à tous les détails décrits. Si le début m’a intrigué et m’a donné envie de continuer pour en apprendre davantage et obtenir des réponses aux questions posées, j’ai fini par un peu me lasser.

Le tome un est un tome introductif, on y suit le quotidien du protagoniste, ses interactions avec les différents personnages et l’intrigue principale n’est au final qu’effleurée. Ce n’est pas quelque chose qui m’a déplu. Les dialogues sont intéressants, les éléments d’actions bien répartis, les flash-backs pertinents. Le tome deux en revanche est vendu par le résumé comme un tome porté sur l’action ce qui n’est pas vraiment le cas. On attend certains évènements qui ne surviennent qu’à la moitié du livre alors qu’ils sont décrits dans le résumé et mon problème vient sûrement de là. La majorité de l’intrigue de ce second tome est décrite en détail dans le résumé ce qui ne laisse aucune surprise. La première partie du roman se fait dans l’attente de l’élément déclencheur de l’action et la seconde dans le dénouement de cet élément dont on avait déjà connaissance. A ceux qui voudraient se lancer dans cette duologie, je déconseille donc fortement de lire le résumé.

« Alors que je cherchais la bonne formulation, le silence se fit alentour. Un silence dans lequel on percevait presque le bruit du temps qui passe. Dans la montagne, le temps s’écoulait très lentement. »

Un élément qui m’a beaucoup plus est toute la réflexion autour du silence qui laisse place à de belles citations qui m’ont personnellement parlées. Le silence fait partie intégrante du paysage montagnard.

« Dans le silence du bois, je pouvais presque percevoir jusqu’au bruit de l’écoulement du temps, du passage de la vie. Assis devant la fosse, l’oreille aux aguets, je ne faisais qu’écouter le temps mourir. »

Les personnages

En parlant des personnages, si j’avais adoré ceux proposés dans 1Q84, j’ai eu beaucoup plus de mal dans cette histoire.

 Plus j’avançais dans ma lecture, plus les personnages proposés par l’auteur me posaient problème. Le protagoniste, dont on n’apprend jamais le nom, est un homme qui approche de la quarantaine, qui se satisfait d’une vie très simple et qui est assez naïf. C’est un personnage agréable à suivre de prime-abord mais qui, au fur et à mesure des pages, m’a de plus en plus mise mal à l’aise. Ce personnage a une obsession plutôt malsaine pour les poitrines, même lorsqu’il parle d’une jeune fille ou de sa sœur. On se retrouve à de nombreuses reprises à avoir des réflexions sur la taille de la poitrine des différents personnages féminins quand cela n’a aucun intérêt et parfois c’est même la seule description faite de la personne. Ainsi, on a le droit à un commentaire sur la poitrine inexistante d’une fille de 13 ans à chaque fois que celle-ci a une interaction avec le protagoniste.

Le personnage de Menshiki est volontairement ambigu et m’a relativement intéressé. Il reste cependant assez malsain dans sa manière d’agir et pourrait être apparenté à un psychopathe malgré les excuses qu’il se donne. Ses actions ne sont d’ailleurs pas vraiment discutées au cours du roman.

« Il ne craignait pas d’aimer quelqu’un. Bien plutôt de le haïr. »

Les personnages féminins en générales sont mal écrits ce qui donne réellement l’impression que l’auteur ne connait rien des femmes. C’est d’ailleurs ce point-là qui m’a le plus dérangé durant ma lecture. Ce n’est pas quelque chose auquel je fais particulièrement attention lorsque je lis et pourtant dans ce cas, je ne savais pas si je devais rire ou hurler face aux descriptions réalisées.

Le personnage de Marié illustre parfaitement mon propos. Marié est une adolescente de 13 ans, taciturne et intelligente. Pourtant, la première chose qu’elle dit au protagoniste lors de leur rencontre est qu’elle complexe énormément sur la taille de sa poitrine et qu’en conséquent, elle n’attire pas les garçons. C’est à la suite de ça que le protagoniste fera une remarque à chacune de ses apparitions : « Sa poitrine n’avait toujours pas grossi. » etc… On a le droit à un chapitre de son point de vue et c’est affligeant de voir que dans une situation où sa vie est en danger, sa première pensée va à sa poitrine. Aucune femme n’a de fixation aussi prononcée sur sa poitrine, peu importe la hauteur du complexe.

Quand plusieurs personnages donnent ce même effet, ça ne peut pas être la volonté de l’auteur de décrire un personnage avec ce trait de caractère. Le second point qui m’a fait lever les yeux au ciel est cette réflexion que Marié fait en parlant de sa tante qui venait d’entamer une nouvelle relation. Elle révèle au protagoniste qu’elle sait que sa tante à fait l’amour avec cet homme. En tant que femme, elle sent ces choses-là. Ajoutez à cela tous les commentaires du protagoniste, cela fait que ce genre de réflexions prend une partie bien trop importante du roman. A un certain point, il ne se passait pas une page sans qu’on ne parle de seins. Au début c’est amusant, à la fin, ça donne juste envie d’arrêter sa lecture.

Note :

Il y a beaucoup d’éléments qui ont fait que le bilan de ma lecture est mitigé. Pour cette raison, je donne une note globale de 14/20 à cette duologie. C’était une bonne lecture mais pas inoubliable malheureusement et décevante par rapport à ce à quoi je m’attendais. Je suppose que j’avais placé la barre très haute, m’attendant à une lecture à la hauteur de 1Q84 qui avait été un véritable coup de cœur. Si vous avez lu du Murakami, qu’avez-vous pensé de ses différents romans ?

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