Le soleil est pour toi

  • Auteur : Jandy Nelson
  • Pages : 480
  • Genre : Contemporain jeune adulte

Résumé :

Lorsqu’ils ont 13 ans, Jude et Noah sont deux jumeaux très fusionnels. Ils sont tous les deux passionnés d’art, Noah de dessin, Jude de sculpture et de couture. Mais lorsqu’on les découvre trois ans plus tard, tout a changé. Noah et Jude ne sont plus les mêmes et ils ne se parlent plus. Peut-être à cause de l’arrivée de ce nouveau garçon en ville, Brian ou peut-être à cause de leur envie commune de rejoindre l’école d’art renommée à côté de chez eux.

Mon avis:

L’intrigue

L’intrigue est basée sur la découverte de la cause de ce froid entre Noah et Jude. Les points de vue sont alternés entre Noah à 13 ans, lorsqu’il rencontre Brian et qu’il tombe fou amoureux et Jude à 16 ans, qui est persuadée que les fantômes de son passé saccagent sa vie présente, et les sculptures qu’elle réalise à l’école d’art.

Mais ce roman est tellement plus que ça. On y parle d’à quel point les secrets peuvent détruire, même s’ils existent à la base pour protéger. De ce que la jalousie est prête à nous faire faire. De ce que l’on peut faire par amour, lorsque celui-ci dépasse l’entendement. Le soleil est pour toi est un roman unique qui parle d’amours avec un S. D’amour familial, d’amour passionnel, d’amour destructeur, d’amour sans limite.

L’écriture

L’écriture est tout simplement incroyable. Jandy Nelson a travaillé dans les moindres détails chaque tournure de phrase pour que chaque mot soit impactant et brûlant d’émotion. Ce sont les figures de style, les hyperboles, les métaphores qui font de ce roman un chef d’œuvre. Il n’y a pas de description anodine des sentiments des personnages parce qu’ils ne ressentent pas de manière modérée. Chaque sentiment est vécu comme une explosion, ce qui donne lieu à des tournures de phrases aussi évocatrices que magnifiques.

Lorsqu’on parle d’amour :

« Ma cécité ne dure qu’une seconde, après quoi les couleurs me bombardent – non par les yeux mais par la peau, remplaçant mon sang et mes os, mes muscles et mes ligaments, jusqu’à ce que tout devienne rougeorangebleuvertvioletjaunerougeorangebleuvertvioletjaune. »

« Ce qui s’est passé entre nous a colonisé jusqu’à la dernière cellule de mon cerveau. J’arrive à peine à nouer mes lacets. J’avais oublié comment on marchait, ce matin. »

« Je me sens comme un tsunami dans un gobelet en carton. »

Lorsqu’on parle de solitude et de regrets :

« Viens pour moi le moment de me réfugier dans mon abri secret, à l’intérieur de moi, et d’en refermer la porte. Car je n’ai pas l’intention d’en ressortir. Plus jamais. (AUTOPORTRAIT : sans titre) »

« Les histoires d’amour ne sont pas écrites pour les filles capables de faire ce que je venais de faire à mon frère, les filles au cœur noir. »

De la même manière, il n’y a pas de description anodine des personnages du roman non-plus. Ces descriptions ne sont pas faites d’un point de vue objectif. Le personnage qui décrit la personne en face de lui fait la description de son point de vue, avec ce qu’il ressent et ce qu’il vit sur le moment, ce qui donne lieu à des individus unique. Le lecteur doit traduire et fait travailler son imagination pour déchiffrer qui il a en face de lui.

« Dieu, il était super bourré quand il l’a créé. Un petit coup par-ci. Un petit coup par-là. Un œil marron. Un œil vert. Nez tordu, bouche tordue. Sourire de psychopathe. Dent cassée. Cicatrice ici, cicatrice là. Un puzzle. »

« Mais là encore, il ne réagit pas comme je m’y attendais. Il m’adresse le sourire le plus sincère que j’ai jamais vu chez lui, un sourire qui part de ses yeux et semble ne s’achever nulle part sur son visage. »

Les personnages

L’un des nombreux points qui font de livre l’un de mes préférés est la singularité des personnages et le travail que l’auteure a fait sur chacun d’eux.

A 13 ans, Noah est ce jeune adolescent en marge de sa ville. Il a peur de nager, dans une ville au bord de la mer où tout le monde fait du surf. Il aime peindre, refaire le monde, communiquer par télépathie avec sa sœur. Et puis il aime pour la première fois. Brian, son nouveau voisin qui lui fait perdre la tête, qui est comme lui, différent. Et a 16 ans, Noah est devenu son pire cauchemar. Il est devenu normal. Il a des amis, il va en soirée, il saute de la falaise de la mort, cette falaise qui donne sur la mer. Petit à petit, au cours de l’histoire, on démêle ce qui est arrivé et pourquoi il est devenu comme ça.

C’est lorsqu’il a 13 ans qu’on suit l’histoire du point de vue de Noah et qu’on apprend à connaitre comment il fonctionne. On y découvre qu’il possède ce musée invisible, qu’il garde secret au fond de sa tête et qu’il complète de peintures mentales qui montrent le monde tel qu’il le voit. Le suivre à travers sa quête identitaire, ses peurs, ses déceptions mais aussi ses joies et sa vie de tous les jours est un ascenseur émotionnel mais c’est aussi magnifique et terriblement immersif.

« Je t’aime », lui dis-je, mais il n’en sort que : « Salut. »

« A la folie », me répond-il, sauf qu’il n’en sort que : « Hé, bonsoir. » 

A 13 ans, Jude est pleine de vie, passionnée de surf, passionnée de sculpture et de mode, impatiente de grandir, un peu trop impatiente. A 16 ans, lorsqu’on est de son point de vue, Jude est transformée. Elle n’a plus d’amis. Elle s’est créé un boycott anti-garçons à base de tenues amples et de casquettes. Elle ne vit qu’à travers la bible de sa grand-mère décédée qui recèle de dictons et de conseils de vie loufoques. Elle est également persuadée qu’un fantôme sabote volontairement sa vie. Là encore, le cheminement de l’histoire nous amène jusqu’à l’élément déclencheur de ce changement brutal.

Alors qu’elle est menacée de devoir quitter son école d’art, Jude se voit lancée sur la trajectoire d’un sculpteur étrange et brisé par la vie. Elle rencontre par la même occasion Oscar, un jeune homme qui est persuadé qu’elle est la fille de sa prophétie. Vivre dans la tête de Jude est aussi drôle que mélancolique et une fois de plus, on ressent toutes les émotions qu’elle traverse comme si on y était. Sa culpabilité sans limite, sa phobie du monde qui l’entoure, sa lutte contre ses sentiments et contre qui elle est.

« Au cas où vous vous poseriez la question : non, les trèfles à quatre feuilles trafiqués à la colle, ça ne marche pas. »

« « Écris tes péchés sur des pommes encore accrochées aux branches ; quand elles tomberont, ta culpabilité et tes remords s’effaceront. » (Nous n’avons pas de pommiers à Lost Cove. J’ai essayé avec un prunier, un abricotier et un avocatier. Mes remords sont toujours là.) »

Il n’y a pas un personnage que j’ai préféré suivre. Ils étaient tous les deux incroyables et complexes et la répartition de parole entre les deux est brillamment faite. Ce serait trop long de développer les qualités des personnages secondaires mais ils sont tout aussi attachants et singuliers.

Note :

Je mets à ce livre un 20/20 sans la moindre hésitation. Je ne pense pas qu’il plaira à tout le monde mais si vous avez été touché par les citations que j’ai choisi d’intégrer alors il y a de fortes chances pour que ce livre soit un coup de cœur pour vous aussi. Et si vous avez lu des livres similaires à celui-ci, partagez-les-moi.

Des livres et des musiques (été 2019)

Plutôt que de faire une simple playlist pour présenter les musiques que j’ai écouté cet été, l’idée est d’associer des musiques que j’écoute à des livres qui m’ont plu. Soit parce que les paroles correspondent à l’histoire du roman soit parce que les ambiances sont similaires selon mes goûts. J’ai donc fait une sélection de trois livres et il suffit de cliquer sur le titre des musiques pour pouvoir les écouter.

La maison dans laquelle (lu en janvier 2019)

*Forever free de San Holo

Les seules paroles de cette musique sont « forever free », chanté d’une manière assez insouciante. Puis à un moment, la musique ralentit et une voix féminine chante « It’s okay, we don’t have to fix it now ». Je trouve que ça résonne avec l’état d’esprit des personnages qui vivent dans la maison. Ils agissent sans conséquence, comme si rien ne les atteignait. Et pourtant ils vivent tous avec un immense mal-être en eux auquel ils ne peuvent pas échapper et qui est omniprésent tout le long du roman.

Le soleil est pour toi (relu en août 2019)

*Easy d’Alison Wonderland

Easy évoque une fille perdue qui n’arrive pas à s’adapter au monde dans lequel elle vit. Une phrase de la chanson traduit particulièrement bien l’ambiance du livre : « Can I paint a picture of the world that I see instead ». Dans le soleil est pour toi, Noah et Jude ont une passion commune pour l’art et cette passion est indispensable a leur survie dans le monde. Noah, en écho à la musique, possède un musée à l’intérieur de sa tête où il peint le monde tel qu’il le voit, qu’il le traduit. « Viens pour moi le moment de me réfugier dans mon abri secret, à l’intérieur de moi, et d’en refermer la porte. Car je n’ai pas l’intention d’en ressortir. Plus jamais. (AUTOPORTRAIT : sans titre) »

They both die at the end (lu en septembre 2019)

*Light de San Holo

« Even if it makes me blind, I just wanna see the light ». Dans they both die at the end, Rufus et Mateo vivent leur dernier jour a fond, même si chaque décision pourrait les tuer.

*Marcher loin de Igit

Une autre chanson qui correspond selon moi a la personnalité des héros est Marcher loin de Igit et particulièrement ces paroles : « Le temps est une farce, et cette farce nous appartient ».

They both die at the end

  • Auteur : Adam SILVERA
  • Pages : 400
  • Genre : Contemporain jeune adulte
  • Représentation LGBTQ+

Résumé:

Que feriez-vous si vous receviez un appel vous annonçant que vous n’avez plus qu’une journée à vivre ? Dans ce présent alternatif, l’entreprise Deathcast a été créée pour appeler les personnes qui vont mourir dans les prochaines 24 heures. Mateo et Rufus, deux adolescents en pleine santé reçoivent cet appel le même jour et vont devoir décider, avec la peur de provoquer leur propre mort, de ce qu’ils vont faire de leur dernière journée.

Avis:

Intrigue

Suivre des personnages dont on sait qu’ils vont mourir à la fin est une expérience assez déroutante. Au fur et à mesure que le livre avance, et que l’on s’attache aux personnages, on en vient à se demander s’ils vont réellement mourir. On suit deux personnages. Rufus est un adolescent qui a perdu sa famille il y a peu dans un accident de la route et qui ne reconnait plus qui il est. Mateo a passé sa vie à avoir peur de faire ce qu’il voulait et qui préférait vivre au travers de livres ou de jeux vidéo. La collision des deux personnages et leurs aventures, condensées en seulement 24 heures, a été passionnante à lire. Les réflexions développées sur la vie et la mort mais aussi sur l’amitié et l’amour sont fortes et inspirantes. Jusqu’à la fin, on est happé par l’histoire et par l’envie grandissante que les choses se passent différemment cette fois.

Écriture

Le point de vue est alterné dans ce roman entre les deux personnages principaux. Il y a également des passages du point de vue d’autres personnages plus ou moins liés à l’histoire principale. J’ai aimé le fait qu’à chaque introduction de personnage, le texte commence par « il/elle ne va pas mourir aujourd’hui car il/elle n’a pas reçu l’appel de Deathcast ou inversement. Cela permet d’alterner les réactions, les points de vues sur la vie et la mort et d’alléger l’ambiance un peu lourde de la menace de mort imminente pesant sur Rufus et Mateo.

A chaque changement de personnage, le chapitre commence par annoncer l’heure qu’il est ce qui permet de se rendre compte du temps qui passe. Plus la journée avance et plus la peur grandit et l’urgence de faire quelque chose aussi.

Personnages

L’histoire se concentre principalement sur les personnages et leur évolution plutôt que sur l’action ce qui va parfaitement avec l’ambiance du livre. Plus on avance dans le livre, plus on apprend à connaitre Rufus, Mateo et les personnages qui gravitent autour d’eux et plus on a peur pour eux.

Rufus, qui a tout perdu en peu de temps, ne pense pas avoir peur de la mort et préfère vivre à fond sa dernière journée sans se préoccuper du reste. Pour lui, il vaut mieux annoncer à sa famille qu’il est mourant et ainsi profiter d’eux avant sa mort. Il vit en famille d’accueil avec trois autres personnages qu’il aime plus que tout et ne cherche qu’à leur dire au revoir une dernière fois lorsqu’il se retrouve séparé d’eux au début du roman.

Mateo est un peu l’inverse de Rufus. Il n’ose plus sortir de sa chambre à partir du moment où il reçoit l’appel et en vient à se demander s’il ne passerait pas plutôt sa dernière journée à faire ce qu’il a toujours fait : lire des livres de fantasy et jouer aux jeux vidéo. Il veut revoir sa meilleure amie une dernière fois mais sans lui dire qu’il est mourant car il veut l’épargner et profiter d’elle telle qu’elle est habituellement. Seul chez lui, il décide de s’inscrire sur l’application Last Friend pour parler de l’annonce de mort avec d’autres concernés ou au moins pour se sentir moins seul dans ce moment.

La dynamique entre Mateo et Rufus est belle, drôle, puissante, touchante. Avec cette optique qu’ils vont tous les deux mourir de toute façon, ils ne prennent pas la peine de se cacher des détails trop personnels ou de faire semblant d’être d’autres personnes, comme Mateo avait l’habitude de le faire.  Ainsi, ils accélèrent le processus de faire connaissance et deviennent proches très vite, ne prenant pas la peine de se dire que l’autre va le juger.

Le livre audio

Je ne suis pas très livre audio mais je dois avouer que celui-ci, disponible uniquement en anglais sur audible, a été une excellente expérience. Les deux personnages ont leur propre voix et une troisième narre les personnages secondaires. Ils font tous les trois un très bon travail de lecture et rendent le livre très immersif (voir un peu trop à la fin). J’ai été convaincu même si je pense qu’en livre papier, mon expérience aurait été tout aussi bonne. Je recommande pour ceux qui lisent en VO.

Note:

Je ne sais pas si ce livre est un coup de cœur car même si l’histoire est passionnante, ce n’était pas une de ces lectures qui changent une vie. Elle était intéressante et les réflexions justes et bien développées. Je donnerais à ce livre un 18/20 pour son addiction, ses personnages très réalistes et l’idée de départ qui était très bien exécutée selon moi. Si vous recherchez un livre rapide à lire, très bien écrit avec une belle histoire entre deux personnages qui se poussent vers le haut, ou que vous avez apprécié Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, ce livre est fait pour vous.

La saga « Le meurtre du commandeur »

« Plutôt que de parler de rêve, je dirais même que cela faisait penser à un morceau de réalité qui s’était glisser par erreur dans mon sommeil. »

Résumé :

Un homme au quotidien monotone apprend du jour au lendemain que sa femme veut divorcer. N’ayant plus aucun repaire, il abandonne son travail de portraitiste qui ne lui donnait aucune satisfaction et se lance dans un road trip à travers des villes du Japon, en attendant de savoir ce qu’il veut faire de sa vie. Après plusieurs mois de périple, un ami lui propose d’habiter la maison de son père, peintre célèbre devenu sénile. Il se retrouve alors dans une maison à flanc de montagne, coupé du monde. C’est l’occasion pour lui de se remettre à peindre puisque le cadre s’y prête. Mais pour une raison obscure, un homme lui propose une somme d’argent extraordinaire pour qu’il peigne son portrait. A partir de ce moment, des évènements mystérieux commencent à s’enchaîner.

Avis :

L’intrigue

Ce livre est étrange, loin de tout ce que j’ai pu lire. On se trouve dans un roman contemporain sur fond de fantastique. L’intrigue n’est pas révélée instantanément bien que le résumé nous donne quelques indices. On y suit principalement le quotidien de cet homme qui doit se reconstruire et retrouver une vie pour lui puis, petit à petit, on plonge dans une histoire mystérieuse dont le protagoniste a du mal à trouver une explication rationnelle. Mais cette dimension fantastique reste beaucoup au second plan et d’autres intrigues plus ou moins liées se mettent en place. Qui est l’étrange Menshiki, l’homme qui veut qu’on brosse son portrait ? Que cherche-t-il ? Que cache le peintre célèbre à qui appartient la maison que le protagoniste habite ?

L’écriture

On retrouve le style d’écriture très contemplatif de Murakami. L’histoire n’est pas concentrée sur l’action mais sur la description du quotidien, des lieux, des personnages. C’est quelque chose que j’apprécie particulièrement dans mes lectures quand l’auteur sait donner de l’intérêt à tous les détails décrits. Si le début m’a intrigué et m’a donné envie de continuer pour en apprendre davantage et obtenir des réponses aux questions posées, j’ai fini par un peu me lasser.

Le tome un est un tome introductif, on y suit le quotidien du protagoniste, ses interactions avec les différents personnages et l’intrigue principale n’est au final qu’effleurée. Ce n’est pas quelque chose qui m’a déplu. Les dialogues sont intéressants, les éléments d’actions bien répartis, les flash-backs pertinents. Le tome deux en revanche est vendu par le résumé comme un tome porté sur l’action ce qui n’est pas vraiment le cas. On attend certains évènements qui ne surviennent qu’à la moitié du livre alors qu’ils sont décrits dans le résumé et mon problème vient sûrement de là. La majorité de l’intrigue de ce second tome est décrite en détail dans le résumé ce qui ne laisse aucune surprise. La première partie du roman se fait dans l’attente de l’élément déclencheur de l’action et la seconde dans le dénouement de cet élément dont on avait déjà connaissance. A ceux qui voudraient se lancer dans cette duologie, je déconseille donc fortement de lire le résumé.

« Alors que je cherchais la bonne formulation, le silence se fit alentour. Un silence dans lequel on percevait presque le bruit du temps qui passe. Dans la montagne, le temps s’écoulait très lentement. »

Un élément qui m’a beaucoup plus est toute la réflexion autour du silence qui laisse place à de belles citations qui m’ont personnellement parlées. Le silence fait partie intégrante du paysage montagnard.

« Dans le silence du bois, je pouvais presque percevoir jusqu’au bruit de l’écoulement du temps, du passage de la vie. Assis devant la fosse, l’oreille aux aguets, je ne faisais qu’écouter le temps mourir. »

Les personnages

En parlant des personnages, si j’avais adoré ceux proposés dans 1Q84, j’ai eu beaucoup plus de mal dans cette histoire.

 Plus j’avançais dans ma lecture, plus les personnages proposés par l’auteur me posaient problème. Le protagoniste, dont on n’apprend jamais le nom, est un homme qui approche de la quarantaine, qui se satisfait d’une vie très simple et qui est assez naïf. C’est un personnage agréable à suivre de prime-abord mais qui, au fur et à mesure des pages, m’a de plus en plus mise mal à l’aise. Ce personnage a une obsession plutôt malsaine pour les poitrines, même lorsqu’il parle d’une jeune fille ou de sa sœur. On se retrouve à de nombreuses reprises à avoir des réflexions sur la taille de la poitrine des différents personnages féminins quand cela n’a aucun intérêt et parfois c’est même la seule description faite de la personne. Ainsi, on a le droit à un commentaire sur la poitrine inexistante d’une fille de 13 ans à chaque fois que celle-ci a une interaction avec le protagoniste.

Le personnage de Menshiki est volontairement ambigu et m’a relativement intéressé. Il reste cependant assez malsain dans sa manière d’agir et pourrait être apparenté à un psychopathe malgré les excuses qu’il se donne. Ses actions ne sont d’ailleurs pas vraiment discutées au cours du roman.

« Il ne craignait pas d’aimer quelqu’un. Bien plutôt de le haïr. »

Les personnages féminins en générales sont mal écrits ce qui donne réellement l’impression que l’auteur ne connait rien des femmes. C’est d’ailleurs ce point-là qui m’a le plus dérangé durant ma lecture. Ce n’est pas quelque chose auquel je fais particulièrement attention lorsque je lis et pourtant dans ce cas, je ne savais pas si je devais rire ou hurler face aux descriptions réalisées.

Le personnage de Marié illustre parfaitement mon propos. Marié est une adolescente de 13 ans, taciturne et intelligente. Pourtant, la première chose qu’elle dit au protagoniste lors de leur rencontre est qu’elle complexe énormément sur la taille de sa poitrine et qu’en conséquent, elle n’attire pas les garçons. C’est à la suite de ça que le protagoniste fera une remarque à chacune de ses apparitions : « Sa poitrine n’avait toujours pas grossi. » etc… On a le droit à un chapitre de son point de vue et c’est affligeant de voir que dans une situation où sa vie est en danger, sa première pensée va à sa poitrine. Aucune femme n’a de fixation aussi prononcée sur sa poitrine, peu importe la hauteur du complexe.

Quand plusieurs personnages donnent ce même effet, ça ne peut pas être la volonté de l’auteur de décrire un personnage avec ce trait de caractère. Le second point qui m’a fait lever les yeux au ciel est cette réflexion que Marié fait en parlant de sa tante qui venait d’entamer une nouvelle relation. Elle révèle au protagoniste qu’elle sait que sa tante à fait l’amour avec cet homme. En tant que femme, elle sent ces choses-là. Ajoutez à cela tous les commentaires du protagoniste, cela fait que ce genre de réflexions prend une partie bien trop importante du roman. A un certain point, il ne se passait pas une page sans qu’on ne parle de seins. Au début c’est amusant, à la fin, ça donne juste envie d’arrêter sa lecture.

Note :

Il y a beaucoup d’éléments qui ont fait que le bilan de ma lecture est mitigé. Pour cette raison, je donne une note globale de 14/20 à cette duologie. C’était une bonne lecture mais pas inoubliable malheureusement et décevante par rapport à ce à quoi je m’attendais. Je suppose que j’avais placé la barre très haute, m’attendant à une lecture à la hauteur de 1Q84 qui avait été un véritable coup de cœur. Si vous avez lu du Murakami, qu’avez-vous pensé de ses différents romans ?

Mon futur enviable

Lorsqu’on m’a demandé, le temps d’une petite minute, d’imaginer quel était mon futur enviable, à l’échelle de l’humain et de la planète, je me suis retrouvée devant une page blanche. Et c’est effrayant, à vingt ans, au beau milieu de mes études, alors que je construis année après année mon projet de vie, de ne pas voir venir instantanément de réponse. Et je comprends. Je comprends toutes ces personnes qui se posent la question de faire des études, d’avoir des enfants. A quoi bon ? Si je n’ai aucune vision de mon futur enviable.

Aujourd’hui je suis heureuse dans ma vie. Je fais des études qui me plaisent et qui me permettent de mieux connaître le monde qui m’entoure d’un point de vue environnemental. Je sais que j’ai cette simple envie de me marier, d’avoir des enfants, des animaux de compagnie, une maison à la campagne. Mais dans quel monde je veux créer tout ça ? Y-a-t-il un monde où créer ce projet ?

Notre modèle actuel, économique, politique, ne va pas rester ainsi. S’il le reste alors je n’aurais pas besoin de me poser de questions sur mon avenir puisque je n’en aurais pas. Alors quel modèle construire ? Est-ce que je me vois dans un monde de décroissance, de retour en arrière ? Dans un futur où je cultive ce que je mets dans mon assiette, où mon travail ne me donne pas un salaire mais directement des vivres, où je vis en communauté avec d’autres personnes et où le partage est la norme ? Si beau que cela puisse paraitre, c’est un retour en arrière qui n’est pas envisageable à grande échelle. Nous avons, moi comprise, vécu trop longtemps dans un monde d’abondance pour renoncer à toute cette évolution. Même si cette évolution s’est faite au détriment de la biodiversité. Je fais des études aujourd’hui pour avoir un travail qui me plaira et qui me permettra de faire évoluer les choses dans une autre direction. Un futur enviable selon moi n’est pas un retour en arrière mais ce n’est pas non plus une continuité de ce que je connais aujourd’hui. Un futur enviable c’est une alternative. Des retours en arrière sont nécessaires, d’un point de vue agricole par exemple. Mais la technologie ne doit pas être écartée. Nous sommes capables de faire pousser des plantes dans des zones de sécheresse, nous sommes capables de transformer du sucre en carburant, nous sommes capables de créer pour améliorer, pas pour détruire.

Ma vision d’un futur enviable est extrêmement floue parce que le monde que j’ai toujours connu se dirige vers l’inconnu. Les petits pas que je fais aujourd’hui pour améliorer le monde actuel comme réduire mes déchets ou ma consommation de viande et de poisson ne me préparent pas au futur qui m’attend. C’est effrayant. Ça remet en question ma vision de l’avenir. Parfois ça me fait perdre espoir. Mais l’humain est capable de faire tellement de choses pour le bien commun. Nous arrivons à un point de rupture où il faut choisir entre l’incertain durable et le confort destructeur. L’incertain fait peur. Mais il est nécessaire pour obtenir un futur.

Alors aujourd’hui je vous invite vous aussi à réfléchir sur le vif au futur dans lequel vous vous imaginez. Est-ce une question à laquelle vous avez déjà réfléchi ?

The seven husbands of Evelyn Hugo

English reading : english writing. To practice, I have decided to write my chronicles in english when I read an english book. Be aware it might not be perfect.

This month I tried audiobooks for the first time with this novel from Taylor Jenkins Reid. I’ve wanted to read this book for a long time because everybody on booktube was talking about it. About how it was amazing and heart breaking. But living in France, it was complicated to get a physical copy. So I decided to pick it up on audible. I found my first experience with an audiobook quite interesting. It was immersive, the women reading it were really great. But what is the book about ?

Summary

The seven husbands of Evelyn Hugo is a contemporary novel about a former Hollywood star who wants to reveal the truth about her life. Particularly the truth about her seven husbands and who was her one true love. The story follows Monique, a journalist who end up hired by Evelyn herself to write her biography. The story of Evelyn is therefore mixed with Monique’s and there is an alternation between present time and past time.

My opinion

The plot

On one hand we follow Monique, an insecure journalist just left by her husband. She can’t believe she has been hired by Evelyn Hugo to do an interview. She works for a famous journal but she is quite invisible. The only memorable thing she wrote was a paper on the right to live or die.

On the other hand we follow the famous and beautiful Evelyn Hugo who wants Monique and just her to write her biography. We soon suspect that this requirement is hiding something. The majority of the novel is the story Evelyn relates to Monique. We follow all the life of Evelyn, from no one to one of the most famous actress of her time. What she did to become an icon but mostly her love life as a bisexual woman.

It was an interesting story, quite original, but for me it was way to dramatic and cliché. It might be because romances are not the type of books I love but I found most of the book predictable and it kind of bored me at some point. I finished the book without caring much about Evelyn Hugo and her lovers anymore.

The writing

I found the fact that it was writen as a sort of interview really great. I don’t have much to say about the writing, it was nice and fluid, easy to follow and immersive. I was not as touched as I expected to be. It was well writen but I’ve never wanted to cry so I guess the emotions did not reach me.

The characters

This is the type of books where the characters make all the story. They are supposed to be likeable and touching. I admit that I did not care for them as much as I expected. Evelyn is an interesting character because she is complex and both nice and despicable. She is ready to do everything to become famous and forget about her past. The parts where she was manipulative were fascinating. But when it came to her many romances, I quickly lost interest. I did not like Celia much. Her friendship with Harry was more interesting to follow.

Rating

This book was not bad and I am sure it can please a lot of people but it was not made for me and this is why I give it a 14/20. I enjoyed it at the moment, it was nice to listen but it was not memorable. Did you ever start a book beeing sure you would be loving it and finished disappointed?

Des musiques à découvrir (mai 2019)

Cet article ouvre une nouvelle catégorie sur le blog : la musique. J’aime écouter de la musique au quotidien et j’ai tendance, quand je tombe amoureuse d’une chanson, à n’écouter plus qu’elle pendant des semaines. Dans ce type d’article, je vous propose de partager trois musiques qui ont été dans mes oreilles ces derniers mois. Il se peut que ça ne soit pas du tout des nouvelles musiques mais des musiques que j’ai découverte ou redécouverte récemment. C’est parti?

YAS – Empty crown

Bitbird : YAS – Empty crown

Cette musique réalisée par YAS fait parti de l’album Gouldian Finch 3 proposé par le label Bitbird. Si vous ne connaissez pas, je vous invite chaudement à découvrir les morceaux qu’il propose. Empty crown est une musique électronique calme et très immersive. L’instrumental est original et travaillé dans les moindre détails et la voix par dessus est sublime voire un peu sensuelle. C’est le genre de musique qui vide la tête et qui t’emmène ailleurs. Il faut aimer le style mais personnellement, je ne m’en lasse pas.

Grant – Wishes

Monstercat Instinct : Grant – Wishes

Là encore, il s’agit d’une musique électronique mais future bass. Ce titre de Grant est proposé par le label Monstercat. Il s’agit d’une musique calme mais qui se complète au fur et à mesure des notes. Quand la musique s’accélère, on est emporté. Elle donne juste envie de fermer les yeux et de profiter de chaque son.

Illenium – Pray

Illenium – Pray (ft Kameron Alexander)

Pray est la musique qui, des trois proposées, résonne le plus en moi. Je suis consciente qu’elle ne peut pas plaire à tout le monde car assez spéciale mais je pense qu’il s’agit de ces musiques qu’il faut écouter plusieurs fois pour pouvoir l’apprécier pleinement. Troisième musique électronique mais cette fois un peu plus saccadée. La première partie de la musique est calme avec une voix absolument sublime. Le premier drop nous emporte tant il est puissant et complet. Le deuxième drop casse le style en proposant quelque chose de très différent et ça fonctionne. On peut ressentir les émotions transmises par la musique. Pour moi, c’est un chef-d’œuvre.

Voilà les trois sons que je vous propose pour cet article. Ici, il s’agit de musiques électroniques plus centrées sur l’instrumental que les paroles malgré le fait que je porte beaucoup d’importance au texte dans ce que j’écoute. Et vous, vous êtes plutôt paroles ou instrumental?