Mon futur enviable

Lorsqu’on m’a demandé, le temps d’une petite minute, d’imaginer quel était mon futur enviable, à l’échelle de l’humain et de la planète, je me suis retrouvée devant une page blanche. Et c’est effrayant, à vingt ans, au beau milieu de mes études, alors que je construis année après année mon projet de vie, de ne pas voir venir instantanément de réponse. Et je comprends. Je comprends toutes ces personnes qui se posent la question de faire des études, d’avoir des enfants. A quoi bon ? Si je n’ai aucune vision de mon futur enviable.

Aujourd’hui je suis heureuse dans ma vie. Je fais des études qui me plaisent et qui me permettent de mieux connaître le monde qui m’entoure d’un point de vue environnemental. Je sais que j’ai cette simple envie de me marier, d’avoir des enfants, des animaux de compagnie, une maison à la campagne. Mais dans quel monde je veux créer tout ça ? Y-a-t-il un monde où créer ce projet ?

Notre modèle actuel, économique, politique, ne va pas rester ainsi. S’il le reste alors je n’aurais pas besoin de me poser de questions sur mon avenir puisque je n’en aurais pas. Alors quel modèle construire ? Est-ce que je me vois dans un monde de décroissance, de retour en arrière ? Dans un futur où je cultive ce que je mets dans mon assiette, où mon travail ne me donne pas un salaire mais directement des vivres, où je vis en communauté avec d’autres personnes et où le partage est la norme ? Si beau que cela puisse paraitre, c’est un retour en arrière qui n’est pas envisageable à grande échelle. Nous avons, moi comprise, vécu trop longtemps dans un monde d’abondance pour renoncer à toute cette évolution. Même si cette évolution s’est faite au détriment de la biodiversité. Je fais des études aujourd’hui pour avoir un travail qui me plaira et qui me permettra de faire évoluer les choses dans une autre direction. Un futur enviable selon moi n’est pas un retour en arrière mais ce n’est pas non plus une continuité de ce que je connais aujourd’hui. Un futur enviable c’est une alternative. Des retours en arrière sont nécessaires, d’un point de vue agricole par exemple. Mais la technologie ne doit pas être écartée. Nous sommes capables de faire pousser des plantes dans des zones de sécheresse, nous sommes capables de transformer du sucre en carburant, nous sommes capables de créer pour améliorer, pas pour détruire.

Ma vision d’un futur enviable est extrêmement floue parce que le monde que j’ai toujours connu se dirige vers l’inconnu. Les petits pas que je fais aujourd’hui pour améliorer le monde actuel comme réduire mes déchets ou ma consommation de viande et de poisson ne me préparent pas au futur qui m’attend. C’est effrayant. Ça remet en question ma vision de l’avenir. Parfois ça me fait perdre espoir. Mais l’humain est capable de faire tellement de choses pour le bien commun. Nous arrivons à un point de rupture où il faut choisir entre l’incertain durable et le confort destructeur. L’incertain fait peur. Mais il est nécessaire pour obtenir un futur.

Alors aujourd’hui je vous invite vous aussi à réfléchir sur le vif au futur dans lequel vous vous imaginez. Est-ce une question à laquelle vous avez déjà réfléchi ?