Renouveau

  • Auteure : Jen Calonita
  • Pages : 303
  • Genre : fantasy / réécriture de conte

Résumé :

Et si Anna et Elsa ne s’étaient jamais rencontrées ?

Elsa, héritière du trône d’Arendelle, vit dans une solitude constante, accablée par ce sentiment qu’il lui manque quelque chose. Anna, la fille adoptive d’un couple de boulangers, ne rêve que d’une chose, aller s’installer à Arendelle et ouvrir sa propre boulangerie. Suite à la mort du roi et de la reine, la réapparition soudaine des pouvoirs d’Elsa précipite les deux jeunes femmes à la découverte de leur passé gardé secret jusque-là.

Avis :

Intrigue

Cette réécriture de la Reine des Neiges de Walt Disney avait un fort potentiel avec cette idée que pour protéger les deux sœurs, il ne suffisait pas qu’Elsa cache ses pouvoirs à sa sœur mais qu’elles doivent se séparer suite à l’accident qui a blessé Anna. Ça aurait pu mener à de nombreuses différences avec le dessin animé. Malheureusement, l’auteure est restée selon moi très frileuse à l’idée d’effectuer des changements ce qui mène à une intrigue sans beaucoup d’enjeu ni de surprise. On comprend très vite que ces changements n’impacteront pas les différents points clés de l’histoire ni le dénouement ce qui est très dommage pour un livre dont la phrase d’accroche est : « Ceci n’est pas l’histoire de la Reine des Neiges telle que vous la connaissez ». C’était une bonne histoire, les passages relatifs au twist sont intéressants, mais si on a vu le dessin animé, le livre n’apporte rien de nouveau. Le problème est que l’auteure part du principe, à travers ses descriptions, que l’on a les images du film en tête. Renouveau est donc une bonne histoire si l’on a envi de se replonger dans l’histoire sous un autre format, avec quelques modifications intéressantes mais légères.

Écriture

L’écriture est très simple et addictive quoiqu’un peu trop médiocre à mon goût. Les sentiments de tristesse par exemple ne sont pas bien retranscrits selon moi. Les dialogues sont un peu trop « parlés » ce que je n’apprécie pas vraiment dans mes lectures, avec des mots d’exclamations, des onomatopées etc… Certaines précisions et répétitions n’étaient pas nécessaires et alourdissaient le récit. Parfois, un personnage se parlait à lui-même et ces passages sont écrits en italique afin que l’on comprenne qu’il s’agit d’un dialogue interne. L’auteure prend tout de même la peine de préciser qu’il s’agit bien de ça avec des « se-dit-elle » et autres verbes. J’ai également eu l’impression que la traduction de l’anglais vers le français était maladroite, avec des fautes de frappe qui auraient été évitées par une simple relecture puisqu’il s’agit d’erreurs dans les prénoms à plusieurs reprises.

En revanche, on sent à la moitié du récit que l’auteure est arrivée à la partie de l’histoire qu’elle avait initialement envie d’écrire et ça se ressent. L’écriture est plus agréable et fluide, l’intrigue décolle et sort un peu du récit initial ce qui a fonctionné pour moi. J’ai également aimé les clins d’œil envers les chansons du film même si parfois, ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et ç’aurait pu être mieux intégré.

Personnages

Je suis mitigée sur le traitement des personnages dans ce livre. J’ai beaucoup apprécié le point de vue d’Anna puisque son histoire diverge pas mal du dessin animé. Sa personnalité se ressent bien, on retrouve ce personnage solaire, extraverti, impulsif et naïf. Sa relation avec ses parents adoptifs est adorable et sa passion pour la pâtisserie cohérente. J’ai aimé sa rencontre avec Kristoff, lui aussi très fidèle au film.

J’ai trouvé le point de vue de Elsa un peu moins intéressant et assez inconsistant. D’un côté, on retrouve cette jeune femme solitaire, introverti, sérieuse et perdue du film. Puis est introduit le personnage de Hans. Ne pouvant pas manipuler Anna puisqu’elle n’est pas au château, l’auteure commence une romance entre lui et Elsa ce qui m’a paru maladroit. Elsa ne s’intéresse pas à l’amour dans le film, elle n’a pas d’intérêt pour la vie de couple ni le mariage. Le fait qu’elle éprouve ou commence à éprouver des sentiments pour Hans ne me parait pas cohérent avec le personnage et je n’ai pas adhéré à ce changement dans le récit.

Récapitulatif et Note :

Points positifs

  • La facilité de lecture
  • Replonger dans l’univers de la Reine des Neiges que j’aime beaucoup
  • L’idée de départ et les passages relatifs

Points négatifs

  • L’écriture et le travail de traduction
  • La romance entre Hans et Elsa
  • Le peu de différence avec l’histoire de Disney et donc le manque d’impact des twists

La lecture était addictive et immersive mais globalement décevante car beaucoup trop semblable au film. C’était donc pour moi une lecture correcte mais pas vraiment mémorable et je lui mets la note de 12/20. Je m’y attendais un peu donc je ne suis pas spécialement déçue. Aimant la Reine des Neiges, ce livre me faisait de l’œil depuis un moment et j’aurais essayé, je ne pense cependant pas lire les autres romans de la collection Twisted Tales.

The Night Circus

  • Author : Erin Morgenstern
  • Pages : 490
  • Genre : Historical Urban Fantasy
  • Translated as « Le Cirque des Rêves »

Summary :

“The circus arrives without warning. No announcements precede it. It is simply there, when yesterday it was not.”

The Circus was created as a part of a challenge. Since they were young, Celia and Marco are opponents in a magic contest and their goal is to defeat the other one by creating the most incredible illusions, tricks and shows. The Circus is a part of the challenge but it also is a part of a forbidden love story.

My Opinion :

The plot

The Night Circus is not a plot nor a character driven story. There are some elements that contribute to the challenge, some twists that make the story goes forward, some characters that we like to follow but this is mainly a book about feels. We follow the begining of the challenge then the creation of Le Cirque des Rêves and the people involved then the life of the Circus and the travels. This story is about all of the elements that make the Circus whimsical and unique and magical, all the diffent tents and shows and show workers. This is also about the magnetism that the circus provokes on the visitors and their urge to come back every nights until the circus disappears.

While it was a unique experience to read this book, the little of plot that happens left me kind of indifferent. Actually, the parts I liked the most was the descriptions of the Circus itself and all the magical elements within it. I can understand why so many people loved it but it was not unforgettable for me. I really enjoyed it while reading it but as soon as I closed the book, I had the feeling that the story was not going to stick with me for long.

The characters

The fact that the story takes place in the 19th/20th century made me discover different kind of characters and I liked that. Their cloths, their environment and their language contributed to fully immerse myself in the story. But while I enjoyed following the different characters, Celia, Marco, Isobel, Bailey, the twins, etc… I was not strongly attached to any of them. We follow a lot of different people and maybe this is why I felt like they were all a little underdevelopped. As I said earlier, the Night Circus is not really a character driven story and this is the main element that disappointed me during my reading. I need to feel a connection with the characters to fully enjoy a story and because I did not have strong feelings about any of them, except maybe Bailey that I really liked, I kind of forgot about them instantly.

The writing style

The strength of the book is the writing style for sure. The descriptions, the immersion, the way the sentences are built, made me love the story instantly and continue reading when my interest lowered. Erin Morgenstern has a unique way to describe her universe and every glimpse of the circus we get impressed me. She has an incredible imagination and you can’t stay indifferent to the world she created in her book.

“We lead strange lives, chasing our dreams around from place to place.”

Sum up and Rating :

Positive :

  • The writing style
  • The imagination of the world

Negative :

  • The lack of character development
  • The rush in the end which left me a little confused

As I loved The Starless Sea by the same author so much, I had very high expectations for this book and I ended up a little bit disappointed. I loved the atmosphere and the circus itself but the characters and the challenge left me indifferent. For these reasons, I give this book a 17/20. I recommand it for sure to the people who like beautiful writing style and one of a kind story with a unique atmosphere.

Maman a tort

  • Auteur : Michel Bussi
  • Pages : 509
  • Genre : Policier
  • TW : Si vous êtes sensibles aux problèmes liés à la maternité / paternité.

Résumé :

Malone, trois ans et demi, voit le psychologue de son école pour une raison bien particulière : il est persuadé que ses parents ne sont pas ses vrais parents. Il possède également un doudou qui lui parle. Le psychologue, persuadé que Malone ne peut pas inventer tout ça, contacte la commandante Marianne Augresse pour l’aider. Cette dernière, prise par une affaire de vol qui a secoué le Havre, ne prend pas ses déclarations très au sérieux. Pourtant elles pourraient cacher un complot qui dépasse l’imagination.

Avis :

Points négatifs

Le sexisme et le racisme ordinaire dont fait preuve l’auteur. Je ne Le sexisme voire le racisme ordinaire dont fait preuve l’auteur. Je ne porte pas plus que ça attention à ce genre ce chose dans mes lectures car je peux passer outre si le récit à côté me plait. En revanche dans ce cas là, les remarques sexistes étaient beaucoup trop présentes. Les personnages masculins sexualisent énormément chaque femme qu’ils rencontrent et les personnages féminins présents dans le roman sont bourrées de clichés dépassés et maladroits. Elles sont toutes obsédées soit par leur apparence soit par la maternité.

La capitaine Augresse qui est supposée être cette femme forte et indépendante qui a réussi dans un milieu d’homme n’est finalement décrite que comme une femme complexée et handicapée par ses rondeurs qui ne rêve que d’une chose : avoir un enfant. Rien de mal à ça mais dans son cas, c’est de l’obsession pure et simple. Chaque homme qu’elle rencontre est un père potentiel même si le timing ne se prête pas à ce genre de réflexion (elle est quand même supposé enquêter sur un braquage n’est-ce pas) et chaque jour qui passe lui rappelle que son horloge interne ne l’attendra pas. Elle aurait pu être un personnage intéressant mais toutes ces réflexions ont fait que son point de vue dans le livre m’agaçait plus qu’il ne me plaisait.

On a de l’autre côté le psychologue Vasile qui se sert de ses atouts pour obtenir ce qu’il veut auprès de la gente féminine (et ça fonctionne à chaque fois). Il y a d’ailleurs une scène déplacée où il ne se gêne pas pour mater une joggeuse dans la rue qui « ne cherche qu’à attirer les regards car elle porte un leggings moulant »… Sans mentionner son fétichisme pour les femmes noires et la comparaison entre une femme seins nus et les femmes dans le film Kirikou. Ce ne sont que quelques exemples qui sont beaucoup trop récurrents dans le récit pour passer inaperçus.

-La longueur du récit. Il s’agit d’un polar de 500 pages mais qui aurait pu être condensé en 400 selon mois. Il y a clairement des petites longueurs, des éléments qui traînent à être résolus ce qui laisse le temps au lecteur de faire le point et de voir arriver les éléments de réponse. Cela nous mène donc au troisième point négatif :

La prédictibilité. Je ne sais pas si c’est moi qui ai déjà vu les plot twists dans d’autres livres ou séries mais à la moitié du livre, j’avais fait une liste d’éléments que je voyais arriver à la fin et ils se sont tous avérés corrects. Cependant, ça ne m’a pas empêché d’apprécier la manière dont ils ont été amené. Même si je devinais au fur et à mesure ce qui était sur le point de se produire, je me disais également que si c’était le cas, c’était une bonne idée dans le contexte du roman. Ça n’a donc pas été une grosse déception pour moi mais je peux comprendre que ça puisse l’être pour d’autre.

Points positifs

L’addictivité. Rien de surprenant pour un polar car c’est ce qu’on attend de ce genre de livre mais j’ai été assez captivée du début à la fin car l’auteur savait me donner envie de continuer à lire. Certains éléments mineurs ont été inattendus et ont contribué à me garder en haleine. Le fait que la mémoire de Malone menace de s’effacer chaque jour qui passe participe à garder un rythme d’urgence et donc accélère le récit. Et en parlant de Malone, il est un point positif à lui tout seul.

-Je me suis rendu compte avec ce livre que j’aimais énormément suivre le point de vue d’un enfant. La narration change ce qui rajoute du rythme à la lecture, (évite les commentaires déplacés) et rajoute un élément original et un point de vue unique sur l’histoire qui se déroule. Le fait que la narration soit également alternée avec des petits morceaux de contes pour enfant m’a également beaucoup plu car on comprend que ces contes ont un sens caché. Ils poussent donc à un questionnement et un intérêt de la part du lecteur.

La fin. Comme déjà mentionné, j’ai deviné la fin du récit quasiment dans son intégralité malgré le nombre impressionnant de révélations mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier chacune d’entre elles. L’action dans les dernières 50 pages ne s’arrête plus, il y a révélation sur révélation et le tout est très satisfaisant. J’espérais que ça se termine d’une certaine manière et ça a été le cas et globalement, j’ai trouvé que c’était un roman bien pensé du début à la fin et original, malgré des twists déjà vus ailleurs, car bien exploités.

La discussion autour de la psychologie des enfants. Le psychologue Vasile avait beaucoup de défauts qui ont fait que je n’ai pas aimé son personnage mais ses discussion avec la capitaine Augresse sur la psychologie et le fonctionnement du cerveau des enfants en bas âge ont rajouté un aspect très intéressant et singulier au roman. On sent que l’auteur s’est renseigné et avait la volonté de pousser un peu plus son histoire. Sachant que toute l’intrigue se base sur le fait que Malone pourrait oublier des détails du jour au lendemain, les discussions étaient très pertinentes et permettaient au lecteur comme aux protagonistes de comprendre les enjeux.

Bilan et note :

Globalement, malgré les nombreux défauts de ce roman, j’en garde un sentiment très positif. J’ai aimé l’intrigue, le rythme et les alternances de récit. Je n’ai aimé aucun des personnages à l’exception de Malone car ils étaient tous un peu clichés et maladroits dans leur écriture mais je suis passée outre car c’est un livre qui se concentre surtout sur l’action. Je ne recommande pas ce livre à tout le monde car il est clairement problématique mais si vous cherchez un bon polar sans prise de tête, penchez vous sur celui-ci, il est très bien pensé. Je lui mets la note de 15/20.

The Starless Sea

« A boy at the beginning of a story has no way of knowing that the story has begun. »

  • Author : Erin Morgenstern
  • Pages : 500
  • Genre : Fantastique / Urban Fantasy
  • Translation coming on October 1st 2020

Summary :

When he was young, Zachary Ezra Rawlins found a door, painted on a wall behind his house. He never tried to open it. Now in college, 25 years old Zachary finds a book at the library. It is a collection of stories, more like fairy tales, about a place called The Starless Sea. One of them is about The son of the fortune teller, who found a painted door on a wall and never opened it. He never opened it because he did not know it was the beggining of his story. But it is never to late to enter it.

My Opinion :

The plot

We follow Zachary in his journey through a story he does not fully understand. There is not much happening but more questionning, assimilating and figuring what is happening to him. He is dragged into something he never imagined could be real, without really wanting it in the first place. He discovers he is a part of a bigger story whether he want it or not. So we follow him and the characters he meet, discovering, getting lost, figuring who they are and what is their part in this bigger confusing story.

The singularity of this novel and what made me fall in love with it right away is the chapters alternation between chapters following the main character and other chapters narrating bits of the books Zachary discovers throughout his journey. These bits read like fairy tales, they are beautifully written and enchanting. They really contribute to the story and sometimes I was more interested in these chapters than in the « main ones ». The purpose of this narration is to give keys to unravel the story Zachary is struggling to understand and we soon discover throughout the book that all of these bits of stories are connected to one another. When I was putting down the starless sea to do something else, several times my mind stayed in the story and was trying to put the pieces of what I read together, making theories about connections, which character is which in reality… And at the second I finished it, I wanted to start it all over again because that is how amazing it was.

The characters

Zachary Ezra Rawlins is a character I loved reading about. He is this 25 years old gay guy, a little bit lost in life, struggling to make friends and spending all his free time at the university library. As a son of a fortune teller, he is very down-to-earth. Actually, what I really liked about him is that he never fully believes in this magical world he discovers, which is something I never saw in a book before.

« Zachary Ezra Rawlins stares into a wardrobe that contains only a great deal of sweaters and linen shirts and trousers and questions his sanity again. »

There is actually one of my favourite thing to read in this book : the character who discovered magic is real is suddenly dragged into reality and every element is made to make him believe none of what he lived before is real and he imagined everything. Quite often, his mental health is something he struggled with in the past so he has a real reason to question his lucidity.

I liked the other characters even if they were not as developped as Zachary. The relationships felt a bit rushed but because the book reads like a fairy tale, it is not annoying. What I mean by that is that we know what happens to the characters is meant to happen anyway, so in a sense, a « love at first sight » is believable in these circumstances.

The writing

The writing style is what made me fall in love with the story at the first sentence. Erin Morgenstern knows how to use words to make you feel the power of her story. She created a full lenght novel that feels like a million fairy tales at a time, inspired by Harry Potter, Narnia, Alice’s Adventures in Wonderland and litterature in general. When I was reading, I wrote this sentence that reflects perfectly what the story is about : « One story becomes many and yet, the many is actually one ». The author created a one of a kind story with a level of intrication I did not believe was possible.

Erin Morgenstern is especially talented to transliterate the feelings of confusion, fever and dreams. The harbors described in the novel are mazes full of books and hidden doors that lead to other places and even other timelines. And as I was reading, I was telling myself that reading this book was like being in an actual labyrinthine : every page leads you to something else and instead of unravelling the story, it confuses it even more. Even the ending leaves you with questions and confusion and theories about what this book was actually about. This is something I adored and that is why this novel especially leaves its mark on me.

Sum Up and Rating :

Positive :

  • The one of a kind writing
  • The complexity of the story (stories)
  • The originality of the characters

Negative :

  • The exact same ones if you are not into those kind of weird stories
  • The open ending

You may have understand it by now but the Starless Sea is one of my new favourite book of all time and my favourite book of the year so far. The story, the writing style, the characters, everything in this novel spoke to me in a particular way. I obviously give this book a 20/20 and highly recommand it to anyone sensible to this kind of weird and confusing urban fantasy with extra flowery writing style.

Les Nuits de Reykjavik

Résumé

Le corps d’un sans-abris est retrouvé dans une rivière à Reykjavik. L’affaire se conclue très vite : l’homme, connu pour être alcoolique, s’est accidentellement noyé. Pourtant, un an plus tard, le policier de nuit Erlandur reprend l’enquête et réalise que cette histoire cache bien plus qu’une simple histoire de noyade.

Avis

Intrigue

L’histoire se concentre principalement sur le métier du personnage principal Erlandur. Il patrouille dans la brigade de nuit de la police locale. Sur son temps libre, il reprend l’enquête qu’il pense avoir été trop vite bouclée un an plus tôt. J’ai eu plusieurs problèmes avec cette intrigue et c’est ce qui a fait que je n’ai pas particulièrement aimé ce roman. Premièrement, le quotidien d’Erlandur n’est pas passionnant à suivre et très répétitif. Il patrouille, arrête des conducteurs en état d’ivresse chaque soir, se rend à certains domiciles pour tapage nocturne et c’est à peu près tout. Quelques interventions sortent du lot, notamment celle d’un homme pris sur le fait en train de frapper sa femme si violemment que les voisins ont appelé la police. J’ai été désagréablement surprise de l’indifférence de tous les policiers lorsque l’homme est relâché sans punition parce que sa femme, envoyée à l’hôpital, n’était finalement pas en danger de mort.

Ensuite, l’enquête en elle-même sur la mort du sans-abris ne m’a pas non plus passionnée. J’ai pris en note lors de ma lecture : « La mort d’un homme il y a un an, inconnu du lecteur, sans aucun vrai contexte ni raison pour reprendre l’enquête, ne suffit pas à créer une intrigue ou du moins un intérêt chez le lecteur, surtout quand l’écriture à côté n’a rien d’exceptionnel ou de captivant. ». En effet, à plus de 100 pages dans le roman sur 350, il ne se passait pas grand chose qui me faisait porter un intérêt à l’histoire. C’était une succession d’évènements sans beaucoup de lien, quelques moments d’une enquête maladroite et aucun élément pour s’attacher à Erlandur. Et malheureusement, ma déception ne s’est pas arrêtée aux premières pages mais a persisté tout du long, si bien que le dénouement ne m’a fait ni chaud ni froid et m’a même un peu déçu car il était finalement très basique.

Ecriture

L’écriture n’a pas aidé à me faire apprécier le roman. On se retrouve face à une plume très factuelle, typique des romans policiers où l’on suit un personnage récurant. Les évènements se succèdent, on n’en apprend très peu sur les personnages, tout s’enchaine sans grand attachement à quoi que ce soit. Si l’intrigue avait attisé ma curiosité ça ne m’aurait pas dérangé mais comme je l’ai expliqué, ça n’a pas été le cas. Ce qui m’a particulièrement dérangé en revanche, ce sont les répétitions. Erlandur apprend quelque chose d’un personnage puis, à chaque nouvelle interaction avec quelqu’un impliqué dans l’histoire, le policier va répéter tout ce qu’il sait déjà. On se retrouve ainsi dans une intrigue policière qui avance peu et qui en plus, devient très redondante. J’ai également noté que les dialogues n’étaient pas très naturels et les réactions peu réalistes. Enfin, un élément m’a dérangé tout le long du roman, le fait que le seul mot utilisé pour désigner Hannibal, le sans-abris décédé, était « clochard ». Je trouve ça peu subtil voire méprisant de la part des personnages mais surtout d’Erlandur qui prétend le respecter et qui veut lui offrir justice en élucidant sa mort.

Personnages

Je n’ai pas grand chose à dire des personnages car au final, on n’en suit qu’un seul, Erlandur, et on n’apprend pas grand chose de lui. Tout ce qu’on sait de lui à la fin, c’est qu’il a plus ou moins une petite amie qu’on ne rencontre qu’une fois, qu’il se passionne pour les livres à propos de survivants en milieux extrêmes et son amour pour le poisson bouilli. C’est un peu grossi mais c’est globalement l’impression que j’ai eu en lisant ce roman. Les personnages secondaires ne servent qu’à faire avancer l’intrigue ou a introduire des suspects mais ils ne sont pas développés non plus. Aucun ne reste en mémoire une fois le livre refermé.

Bilan et note

Points positifs :

  • Ça se lit relativement vite
  • Ça fait un peu découvrir l’Islande, raison principale pour laquelle j’ai décidé de lire ce livre

Points négatifs :

  • L’intrigue n’est pas particulièrement innovante ni intéressante
  • L’écriture est très plate voire maladroite par moment
  • Les personnes n’ont pas ou très peu de développement
  • L’un des thèmes principaux abordés dans ce roman est la maltraitance conjugale et je l’ai trouvé assez mal traité, avec trop de détachement, comme si ce n’était pas un sujet important

En résumé je n’ai pas aimé ce livre, je me suis ennuyée tout du long et la révélation à la fin ne m’a pas satisfaite. Pour cette raison, je mets un 8/20 à ce roman policier. Je commence à réaliser que les romans où un policier est le personnage principal n’est pas fait pour moi car aucun de ceux que j’ai lu récemment ne m’a marqué ou particulièrement plu. C’est peut-être ça le problème car les revus que j’ai pu lire étaient globalement positives.

UN(e)SECTE

  • Auteur : Maxime Chattam
  • Pages : 454
  • Genre : Policier

Résumé

Un cadavre est retrouvé dans un zoo abandonné mais il ne reste de la personne que son squelette et ses vêtements laissés intactes. Autour de lui, des centaines d’insectes ont été écrasés. Atticus Gore est le policier qui se voit attribué ce cas atypique.

Une jeune femme est déclarée disparue. Sa mère confie l’enquête à Kat Kordell, une détective privée, car la police refuse de la croire. Kat se retrouve alors sur les traces d’une sombre adolescente aux passes-temps plus qu’étrange.

Ces deux enquêtes qui de prime abord ne semblent rien avoir en commun se retrouvent liées par des circonstances effrayantes.

Avis

Intrigue

En lisant les premières pages de ce livre, voilà ce que j’ai pris en note : « Le prologue est très intrigant, dès les premières lignes, et très imprégnant, surtout lorsqu’on est arachnophobe. Il est intéressant que l’auteur nous donne des clés pour réussir à lire un livre d’horreur, ce qui laisse présager qu’on va y être confronté ». Je suis donc rentrée dans un(e)secte en pensant lire un livre d’horreur ou un thriller horrifique, d’où mon bilan mitigé en refermant le livre. Ce n’était rien de tout ça mais en réalité un polar, avec une ou deux scènes un peu oppressantes.

On suit un policier confronté à une enquête peu banale : un homme est retrouvé mort, il ne reste de son corps que les os et les vêtements par dessus. Un élément dérangeant est la quantité improbable d’insectes écrasés aux alentours du cadavre. Le policier Atticus Gore se voit attribué l’affaire car il est passionné d’entomologie. En parallèle, la détective Kat Kordell doit retrouver une adolescente aux habitudes ésotériques plus qu’étranges.

Si j’ai trouvé le livre addictif, l’intrigue ne m’a cependant pas du tout surprise. Je me suis lancé dans l’enquête avec une idée de ce qui a pu se produire et ça s’est avéré être exactement le dénouement. Ce qui m’a posé problème, c’est que le titre et le résumé de la quatrième de couverture ne laisse aucune place à la surprise. Je conseille donc à ceux qui s’intéressent aux polars impliquant des insectes de se plonger dans l’histoire sans plus se renseigner sur ce livre et sans lire le résumé. J’ai globalement aimé suivre l’enquête mais ça ne révolutionne pas le genre et j’ai trouvé le rythme un peu lent et répétitif au milieu du livre.

J’ai malgré tout apprécié la fin, le commentaire fait sur la société et les motivations de l’antagoniste. Bien que prévisible, c’est le genre de finalité que j’aime lire et une conclusion qui me satisfait.

Personnages

Atticus Gore est un policier loin des clichés du genre. Il n’est ni alcoolique, ni sexiste et il n’a pas un passé douloureux qui l’aurait rendu cynique et qui pardonnerait un comportement toxique. C’est bête à dire mais ça change et c’est appréciable. Atticus est un homme simple, qui ne cherche qu’à faire ses preuves auprès de la police après de nombreuses enquêtes ratées. Bien que trop peu développé à mon goût, il reste un bon personnage à suivre, avec ses goûts musicaux atypiques et sa détermination à faire ce qui est bon plutôt que ce qui est plus simple.

Kat Kordell est une détective privé qui suit le même trajet que son oncle décédé qu’elle adorait. Elle est en quête de faire ses preuves dans un milieu majoritairement masculin. C’est un personnage qui ressemble à Atticus dans sa mentalité et sa détermination de détective. Elle recherche la vérité, peu importe à quel point elle peut être dérangeante. Encore une fois, son développement reste bien trop en surface. Comme dans la plupart des romans policiers, l’action prend le pas sur les protagonistes.

On découvre également quelques personnages secondaires, certains plus intéressant que d’autres, mais encore une fois, aucun ne sort vraiment du lot et aucun ne reste en mémoire une fois le livre refermé.

Écriture

L’écriture est exactement celle que l’on peut attendre d’un roman policier, très descriptif de l’action, de la recherche et qui ne laisse pas beaucoup de place au développement des personnages principaux. Le livre va droit au but et est très factuel. J’avais énormément aimé l’écriture de Maxime Chattam dans sa série Autre-Monde et j’ai été déçue de ne pas retrouver sa plume si immersive et visuelle qui vous embarque dans l’histoire et vous donne l’impression d’y être au même titre que les personnages.

Récapitulatif et note

Points positifs :

  • L’addictivité
  • L’originalité du thème abordé
  • La fin qui a pour but d’ouvrir les yeux sur certains sujets.

Points négatifs

  • L’exécution qui ne laisse pas de place à la surprise
  • Le marketing du livre (titre, résumé, couverture)
  • Les personnages peu développés (mais qui restent cependant loin des gros clichés du genre)

C’est un article plutôt court que j’écris mais je n’ai au final pas grand chose à dire de ce livre. Il a été divertissant et je l’ai lu très rapidement. Il remplit sa fonction de polar mais n’a rien de très mémorable. C’est pour cette raison que je lui mets la note de 13/20.

Le Prieuré de l’Oranger

  • Auteure : Samantha Shannon
  • Pages : 958
  • Genre : Fantasy Adulte

Résumé :

Au reinaume d’Inys, la lignée Berethnet règne sur l’Ouest de mère en fille depuis 1000 ans. La survie de cette lignée, dit-on, est la seule chose qui empêche le Sans-Nom, un dragon de feu, de se réveiller et reprendre son règne de chaos. Pourtant, les serviteurs de ce monstre commencent à se manifester. Des menaces de plus en plus nombreuses pèsent sur la reine Sabran IX, remettant en doute la légitimité de son pouvoir.

Ead a quitté le prieuré de l’Oranger afin de protéger cette reine, malgré la divergence de leurs religions et malgré le fait que faire usage de sa magie pourrait la condamner à mort.

A l’Est, Tané est sur le point d’intégrer la dynastie des dragonniers et de faire la rencontre des dragons d’eau. Mais sa rencontre avec un étranger arrivé illégalement sur les côtes de la Seiiki pourrait bien l’empêcher de réaliser son rêve.

Avis :

L’intrigue

L’intrigue se base principalement sur les divergences religieuses entre l’Est et l’Ouest ainsi que sur la peur du Mal Rouge, présent uniquement à l’Ouest. Le point de départ de l’histoire est d’ailleurs l’arrivée d’un Ouestrien à l’Est et le risque que celui-ci soit infecté par cette maladie draconique.

On suit une multitude de personnages des deux côtés de la carte, ayant chacun leur propre histoire, qui finissent par s’entremêler. A l’Ouest, à Alscalon, l’histoire se base principalement sur la vie de cour de la Reine, son refus de se marier et d’engendrer sa descendance. On suit également Ead et sa volonté de se rapprocher de la reine pour la protéger de la menace de mort qui pèse sur elle, tout en dissimulant ses pouvoirs de mage.

En Seiiki, l’intrigue tourne autour de la volonté de Tané de devenir dragonnière et d’ainsi combattre aux côtés des dragons. L’arrivée d’un Ouestrien met pourtant en péril son rêve d’une vie, lorsqu’elle décide de ne pas le déclarer aux autorités en le trouvant sur la côte. Cette seule décision va la précipiter dans une quête qu’elle n’aurait pas soupçonnée.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est la complexité de chaque arc narratif. Au début, on apprend à découvrir les différents personnages, à comprendre leurs enjeux et leurs motivations. Puis, petit à petit, la véritable intrigue commence et l’action ne s’arrête plus jusqu’à la fin. Le rythme est soutenu, l’histoire passionnante à suivre et le monde intrigant. J’ai apprécié le fait que la religion soit un point majeur de l’histoire et qu’elle prenne une part très concrète dans le déroulement de certains événements.

L’écriture

Lorsque je me suis plongée dans ce livre de presque 1000 pages, j’ai eu peur de m’ennuyer à certains moments ou de me trouver face à des descriptions de l’univers à n’en plus finir. Pourtant, l’écriture de Samantha Shannon m’a tout de suite plongée dans l’histoire, et malgré le début plutôt lent qui sert à poser les bases du monde que l’on découvre, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. J’ai tout de suite aimé suivre les différents personnages et les clés de compréhension de l’univers sont donnés au fur et à mesure, ce qui ne rend pas le récit lourd d’informations. Au début, on ne comprend pas tous les éléments donnés et certains mots de vocabulaire mais l’incompréhension se dissipe peu à peu. La plume est très addictive et je me suis retrouvée au milieu du roman à ne plus vouloir m’arrêter car chaque chapitre me donnait envie de lire la suite et l’action et les retournements de situations ne s’arrêtaient plus. Si bien que je n’ai pas vu les 950 pages passer.

Les descriptions sont très visuelles ce qui m’a permis d’imaginer le monde de manière très concrète et me donnait envie d’en découvrir toujours plus. On a beau se retrouver face à de nombreux lieux, avec des coutumes, des styles, des architectures différentes, je ne me suis pas retrouvée perdue au milieu. Chaque ville à ses particularités. Les personnages ont des traits physiques spécifiques à l’endroit dont ils sont originaires. On peut d’ailleurs faire des analogies avec le monde réel, par rapport aux traits physiques, aux consonances des noms choisis ainsi qu’aux climats décrits.

Les personnages

Ead Duran est une femme déterminée et dévouée à ses racines. Se retrouver dans une cour où elle ne partage aucune croyance ni coutume la force à jouer la comédie en permanence. Les personnes vivant à la cour ne manque d’ailleurs pas de lui rappeler qu’elle est une hérétique. C’est sa dévotion à la mission donnée par le prieuré qui dicte ses faits et gestes, quand bien même ça pourrait la mettre en danger sur ce territoire qui n’est pas le sien. C’est à travers ses yeux qu’on apprend à connaitre la reine Sabran XI, qui a une part très importante de l’histoire mais dont on n’a jamais le point de vue. Ce personnage étant d’un naturel très froid et réservé, le fait de ne pas avoir son point de vue renforce le mystère planant sur elle, ses motivations, ses émotions.

Niclays Roos est un médecin exilé qui a connu l’Ouest mais qui est forcé de vivre à l’Est. Il prend une part importante de l’histoire quand Tané va l’obliger à héberger l’inconnu débarqué de l’Ouest. Il s’agit d’un personnage complexe à la fois attachant et détestable qui n’a qu’une motivation depuis toujours, finir le travail que son amour de jeunesse a commencé.

Tané m’a semblé, au départ, peu impliquée dans l’histoire globale du roman. Elle suit son rêve de rencontrer les dragons d’eau et agis uniquement en fonction de ça. Mais un élément va tout changer et ses motivations également. C’est une femme de valeur qui se dévoue totalement aux personnes qui l’entoure. C’est un personnage que j’ai vraiment appris à aimer suivre au fur et à mesure de son évolution.

Les personnages secondaires sont extrêmement nombreux mais suffisamment développés pour qu’on se souvienne d’eux. J’ai beaucoup apprécié le fait qu’un équipage de pirate prenne une part importante de l’histoire et donc qu’une partie de l’intrigue se passe en mer. J’ai également aimé le fait que l’on voyage beaucoup d’un pays à l’autre et donc qu’on ai une vue d’ensemble des problématiques et des enjeux de chacun. Globalement, tous les personnages sont bien écrits et mémorables, ce qui n’est pas évident lorsqu’on apprend à en connaitre une quinzaine.

Récapitulatif et note

Points forts

  • L’immersion
  • Les personnages très développés et singuliers
  • La complexité de l’intrigue

Points faibles

  • La complexité de l’intrigue et du monde peut être un frein pour certains car il faut au moins 150 pages pour comprendre à peu près où l’histoire va et dans quel monde on se trouve. Il faut aimer les longues expositions.

Le prieuré de l’oranger est un roman que j’ai apprécié de A à Z. De l’intrigue aux personnages en passant par l’univers décrit, c’est un coup de cœur et probablement le roman qui se hissera sur la première place de mes meilleures lectures de l’année 2020. Je lui mets la note de 20/20 et le recommande aux personnes qui aime la fantasy très développée mais également à ceux qui aimerait découvrir le genre car il vaut le détour. Ne vous laissez pas décourager par sa taille car une fois plongé dedans, vous ne verrez pas les pages défiler.

Zoomancie

  • Auteur : Adrien Tomas
  • Pages : 330
  • Genre : Jeunesse, dystopie

Résumé :

La montée des eaux a eu raison de la plupart des continents du monde. Paris est partiellement sous les eaux. Là-bas, Faustine lutte contre la colère qui a envahi toute l’espèce humaine en s’occupant des animaux du zoo de Montvermeil, des animaux qui ont pratiquement disparu à l’état sauvage. Kamili, sur le riche continent Africain, s’est juré de protéger la réserve naturelle de Mwanga. Mais assurer la sécurité des animaux devient de plus en plus difficile. A Kuala Lumpur, Spider reçoit un papier crypté qui pourrait tout changer. Mais sa vie en devient menacée. Et son seul espoir semble être lié aux araignées.

Avis :

Intrigue

On va suivre ces trois personnages dans leur lutte contre la colère qui a envahi l’humanité, dans leur quotidien qui se voit bouleversé au même moment malgré la distance qui les sépare et dans la découverte de leur habilité à se lier aux animaux. Zoomancie est un roman singulier et très intéressant à découvrir. L’auteur sait surprendre jusqu’à la fin et semer les éléments d’intrigue petit à petit. J’ai particulièrement aimé le dénouement que j’ai trouvé très intelligent.

L’écriture

L’écriture est extrêmement bien maitrisée la plupart du temps ; les citations sont sublimes, les mots sont justement dosés et cinglants pour que l’impact soit puissant. Le début, lorsque l’on découvre le monde dans lequel se passe le roman, est particulièrement agréable à lire parce que cette découverte se fait selon les sentiments des personnages. Les descriptions de ce monde en ruine se fait avec une colère particulièrement bien retranscrite. Une phrase descriptive de la tour Eiffel montée sur une plateforme m’a marquée :

« 60000 Parisiens sont morts pendant les cinq premières semaines de crue, faute de planification, mais la tour Eiffel avait les pieds au sec. »

Les réflexions sur l’écologie et notre mode de consommation actuel sont omniprésents et c’est très appréciable car c’est un thème encore timide dans les romans. Il est abordé très justement, toujours avec cette pointe d’amertume que l’auteur veut faire passer. Des analogies avec notre monde actuel se font tout au long du récit, particulièrement lorsqu’on est du côté de Kamili qui vit dans une Afrique qui s’est enrichie tandis que les pays riches se sont effondrés. Ces parallèles ne sont pas très subtiles mais ils fonctionnent et participent à l’immersion, parce qu’on se reconnait dans les discours.

L’un des points forts de l’écriture est ce ressenti que l’auteur s’est renseigné sur les sujets qu’il aborde. Il a fait des recherches pour être le plus précis possible et on sent qu’il a des connaissances dans sa manière d’écrire. Et c’est le fait de savoir qu’il connait ses sujets qui m’a frustré vers la fin, quand des idées excellentes sont effleurées alors qu’elles auraient mérité plus de développement. Tous les évènements s’enchainent et la partie description qui me plaisait tant laisse place a une action un peu précipitée.

Globalement, l’écriture m’a conquise. Je trouve donc ça un peu dommage qu’elle n’ait pas été constante tout du long. En fait, le reproche principal que je fais à ce livre est sa longueur. S’il avait 100 pages de plus, les idées auraient pu être plus abouties et les personnages auraient été mieux développés.

Les personnages

Faustine est une jeune femme qui lutte contre la colère qui l’entoure. Elle vit dans une ville très pauvre, envahie par les eaux et elle a à peine assez d’argent pour vivre. Mais le jour où une baleine se retrouve bloquée dans les canaux de Paris, elle va découvrir en cet animal l’espoir et l’apaisement qui lui manquait depuis toujours. C’est un personnage affligé par la vie mais qui sait trouver la lumière là où beaucoup ont arrêté de chercher. 

« Les animaux lui font confiance, acceptent toujours sa présence, s’apaisent à son contact, se calment en entendant sa voix. Moi aussi, d’ailleurs. Un rappel quotidien que je suis un animal comme les autres. »

Kamili ne succombe pas à la colère qui a envahi l’humanité. Mais il succombe à la peur. La peur de perdre son unique raison de vivre : son travail de ranger à la réserve de Mwanga et la jeune Okapi avec qui il a tissé un lien de confiance très fort. C’est un personnage pur, qui déteste la violence. Il est souvent submergé par ses émotions, que ça soit la tristesse, la peur ou le désespoir.

 « La violence est un simple spectacle du quotidien. »

Spider est un personnage principal mais qui reste très en retrait dans le roman selon moi, ce qui est dommage car il y avait beaucoup de potentiel pour un faire un personnage très intéressant. Il vit seul, au jour le jour, et travail en tant que Death Broker. Son rôle est de retrouver des personnes dont la tête a été mise à prix mais dont personne ne connait la véritable identité. Il est sans arrêt en alerte, par peur de se faire prendre par la police numérique. Il n’aime pas la présence d’autres humains mais il va trouver des alliées puissantes lorsque sa vie se retrouve menacée : les araignées.

« Il y a toujours quelque chose à craindre, et on ne peut jamais prévoir si le coup dur sera du fait de mère Nature, ou de l’humanité à bout de nerfs. »

L’auteur a su créer des personnages assez unique et intrigant à suivre. Ils nous ressemblent mais le contexte dans lequel ils vivent fait d’eux des humains différents de nous qu’on a envie de découvrir. J’aurais cependant aimé avoir plus de développement de leurs personnalités et de leurs passés. Des pages supplémentaires auraient permis de mieux apprendre à les connaitre.

Récapitulatif et note:

Points forts :

  • Les idées
  • La recherche scientifique
  • L’écriture incisive

Points faibles :

  • Le roman est trop court
  • L’irrégularité de l’écriture

Zoomancie est un roman que j’ai beaucoup apprécié mais je m’attendais à un coup de cœur qui n’a pas eu lieu. Je lui mets donc la note de 16/20. Je recommande ce livre aux personnes qui aiment la dystopie, les thèmes des animaux, de l’écologie et de l’humanisme. C’est selon moi un très bon livre à mettre dans les mains de préadolescents et adolescents.

Le soleil est pour toi

  • Auteur : Jandy Nelson
  • Pages : 480
  • Genre : Contemporain jeune adulte

Résumé :

Lorsqu’ils ont 13 ans, Jude et Noah sont deux jumeaux très fusionnels. Ils sont tous les deux passionnés d’art, Noah de dessin, Jude de sculpture et de couture. Mais lorsqu’on les découvre trois ans plus tard, tout a changé. Noah et Jude ne sont plus les mêmes et ils ne se parlent plus. Peut-être à cause de l’arrivée de ce nouveau garçon en ville, Brian ou peut-être à cause de leur envie commune de rejoindre l’école d’art renommée à côté de chez eux.

Mon avis:

L’intrigue

L’intrigue est basée sur la découverte de la cause de ce froid entre Noah et Jude. Les points de vue sont alternés entre Noah à 13 ans, lorsqu’il rencontre Brian et qu’il tombe fou amoureux et Jude à 16 ans, qui est persuadée que les fantômes de son passé saccagent sa vie présente, et les sculptures qu’elle réalise à l’école d’art.

Mais ce roman est tellement plus que ça. On y parle d’à quel point les secrets peuvent détruire, même s’ils existent à la base pour protéger. De ce que la jalousie est prête à nous faire faire. De ce que l’on peut faire par amour, lorsque celui-ci dépasse l’entendement. Le soleil est pour toi est un roman unique qui parle d’amours avec un S. D’amour familial, d’amour passionnel, d’amour destructeur, d’amour sans limite.

L’écriture

L’écriture est tout simplement incroyable. Jandy Nelson a travaillé dans les moindres détails chaque tournure de phrase pour que chaque mot soit impactant et brûlant d’émotion. Ce sont les figures de style, les hyperboles, les métaphores qui font de ce roman un chef d’œuvre. Il n’y a pas de description anodine des sentiments des personnages parce qu’ils ne ressentent pas de manière modérée. Chaque sentiment est vécu comme une explosion, ce qui donne lieu à des tournures de phrases aussi évocatrices que magnifiques.

Lorsqu’on parle d’amour :

« Ma cécité ne dure qu’une seconde, après quoi les couleurs me bombardent – non par les yeux mais par la peau, remplaçant mon sang et mes os, mes muscles et mes ligaments, jusqu’à ce que tout devienne rougeorangebleuvertvioletjaunerougeorangebleuvertvioletjaune. »

« Ce qui s’est passé entre nous a colonisé jusqu’à la dernière cellule de mon cerveau. J’arrive à peine à nouer mes lacets. J’avais oublié comment on marchait, ce matin. »

« Je me sens comme un tsunami dans un gobelet en carton. »

Lorsqu’on parle de solitude et de regrets :

« Viens pour moi le moment de me réfugier dans mon abri secret, à l’intérieur de moi, et d’en refermer la porte. Car je n’ai pas l’intention d’en ressortir. Plus jamais. (AUTOPORTRAIT : sans titre) »

« Les histoires d’amour ne sont pas écrites pour les filles capables de faire ce que je venais de faire à mon frère, les filles au cœur noir. »

De la même manière, il n’y a pas de description anodine des personnages du roman non-plus. Ces descriptions ne sont pas faites d’un point de vue objectif. Le personnage qui décrit la personne en face de lui fait la description de son point de vue, avec ce qu’il ressent et ce qu’il vit sur le moment, ce qui donne lieu à des individus unique. Le lecteur doit traduire et fait travailler son imagination pour déchiffrer qui il a en face de lui.

« Dieu, il était super bourré quand il l’a créé. Un petit coup par-ci. Un petit coup par-là. Un œil marron. Un œil vert. Nez tordu, bouche tordue. Sourire de psychopathe. Dent cassée. Cicatrice ici, cicatrice là. Un puzzle. »

« Mais là encore, il ne réagit pas comme je m’y attendais. Il m’adresse le sourire le plus sincère que j’ai jamais vu chez lui, un sourire qui part de ses yeux et semble ne s’achever nulle part sur son visage. »

Les personnages

L’un des nombreux points qui font de livre l’un de mes préférés est la singularité des personnages et le travail que l’auteure a fait sur chacun d’eux.

A 13 ans, Noah est ce jeune adolescent en marge de sa ville. Il a peur de nager, dans une ville au bord de la mer où tout le monde fait du surf. Il aime peindre, refaire le monde, communiquer par télépathie avec sa sœur. Et puis il aime pour la première fois. Brian, son nouveau voisin qui lui fait perdre la tête, qui est comme lui, différent. Et a 16 ans, Noah est devenu son pire cauchemar. Il est devenu normal. Il a des amis, il va en soirée, il saute de la falaise de la mort, cette falaise qui donne sur la mer. Petit à petit, au cours de l’histoire, on démêle ce qui est arrivé et pourquoi il est devenu comme ça.

C’est lorsqu’il a 13 ans qu’on suit l’histoire du point de vue de Noah et qu’on apprend à connaitre comment il fonctionne. On y découvre qu’il possède ce musée invisible, qu’il garde secret au fond de sa tête et qu’il complète de peintures mentales qui montrent le monde tel qu’il le voit. Le suivre à travers sa quête identitaire, ses peurs, ses déceptions mais aussi ses joies et sa vie de tous les jours est un ascenseur émotionnel mais c’est aussi magnifique et terriblement immersif.

« Je t’aime », lui dis-je, mais il n’en sort que : « Salut. »

« A la folie », me répond-il, sauf qu’il n’en sort que : « Hé, bonsoir. » 

A 13 ans, Jude est pleine de vie, passionnée de surf, passionnée de sculpture et de mode, impatiente de grandir, un peu trop impatiente. A 16 ans, lorsqu’on est de son point de vue, Jude est transformée. Elle n’a plus d’amis. Elle s’est créé un boycott anti-garçons à base de tenues amples et de casquettes. Elle ne vit qu’à travers la bible de sa grand-mère décédée qui recèle de dictons et de conseils de vie loufoques. Elle est également persuadée qu’un fantôme sabote volontairement sa vie. Là encore, le cheminement de l’histoire nous amène jusqu’à l’élément déclencheur de ce changement brutal.

Alors qu’elle est menacée de devoir quitter son école d’art, Jude se voit lancée sur la trajectoire d’un sculpteur étrange et brisé par la vie. Elle rencontre par la même occasion Oscar, un jeune homme qui est persuadé qu’elle est la fille de sa prophétie. Vivre dans la tête de Jude est aussi drôle que mélancolique et une fois de plus, on ressent toutes les émotions qu’elle traverse comme si on y était. Sa culpabilité sans limite, sa phobie du monde qui l’entoure, sa lutte contre ses sentiments et contre qui elle est.

« Au cas où vous vous poseriez la question : non, les trèfles à quatre feuilles trafiqués à la colle, ça ne marche pas. »

« « Écris tes péchés sur des pommes encore accrochées aux branches ; quand elles tomberont, ta culpabilité et tes remords s’effaceront. » (Nous n’avons pas de pommiers à Lost Cove. J’ai essayé avec un prunier, un abricotier et un avocatier. Mes remords sont toujours là.) »

Il n’y a pas un personnage que j’ai préféré suivre. Ils étaient tous les deux incroyables et complexes et la répartition de parole entre les deux est brillamment faite. Ce serait trop long de développer les qualités des personnages secondaires mais ils sont tout aussi attachants et singuliers.

Note :

Je mets à ce livre un 20/20 sans la moindre hésitation. Je ne pense pas qu’il plaira à tout le monde mais si vous avez été touché par les citations que j’ai choisi d’intégrer alors il y a de fortes chances pour que ce livre soit un coup de cœur pour vous aussi. Et si vous avez lu des livres similaires à celui-ci, partagez-les-moi.

They both die at the end

  • Auteur : Adam SILVERA
  • Pages : 400
  • Genre : Contemporain jeune adulte
  • Représentation LGBTQ+

Résumé:

Que feriez-vous si vous receviez un appel vous annonçant que vous n’avez plus qu’une journée à vivre ? Dans ce présent alternatif, l’entreprise Deathcast a été créée pour appeler les personnes qui vont mourir dans les prochaines 24 heures. Mateo et Rufus, deux adolescents en pleine santé reçoivent cet appel le même jour et vont devoir décider, avec la peur de provoquer leur propre mort, de ce qu’ils vont faire de leur dernière journée.

Avis:

Intrigue

Suivre des personnages dont on sait qu’ils vont mourir à la fin est une expérience assez déroutante. Au fur et à mesure que le livre avance, et que l’on s’attache aux personnages, on en vient à se demander s’ils vont réellement mourir. On suit deux personnages. Rufus est un adolescent qui a perdu sa famille il y a peu dans un accident de la route et qui ne reconnait plus qui il est. Mateo a passé sa vie à avoir peur de faire ce qu’il voulait et qui préférait vivre au travers de livres ou de jeux vidéo. La collision des deux personnages et leurs aventures, condensées en seulement 24 heures, a été passionnante à lire. Les réflexions développées sur la vie et la mort mais aussi sur l’amitié et l’amour sont fortes et inspirantes. Jusqu’à la fin, on est happé par l’histoire et par l’envie grandissante que les choses se passent différemment cette fois.

Écriture

Le point de vue est alterné dans ce roman entre les deux personnages principaux. Il y a également des passages du point de vue d’autres personnages plus ou moins liés à l’histoire principale. J’ai aimé le fait qu’à chaque introduction de personnage, le texte commence par « il/elle ne va pas mourir aujourd’hui car il/elle n’a pas reçu l’appel de Deathcast ou inversement. Cela permet d’alterner les réactions, les points de vues sur la vie et la mort et d’alléger l’ambiance un peu lourde de la menace de mort imminente pesant sur Rufus et Mateo.

A chaque changement de personnage, le chapitre commence par annoncer l’heure qu’il est ce qui permet de se rendre compte du temps qui passe. Plus la journée avance et plus la peur grandit et l’urgence de faire quelque chose aussi.

Personnages

L’histoire se concentre principalement sur les personnages et leur évolution plutôt que sur l’action ce qui va parfaitement avec l’ambiance du livre. Plus on avance dans le livre, plus on apprend à connaitre Rufus, Mateo et les personnages qui gravitent autour d’eux et plus on a peur pour eux.

Rufus, qui a tout perdu en peu de temps, ne pense pas avoir peur de la mort et préfère vivre à fond sa dernière journée sans se préoccuper du reste. Pour lui, il vaut mieux annoncer à sa famille qu’il est mourant et ainsi profiter d’eux avant sa mort. Il vit en famille d’accueil avec trois autres personnages qu’il aime plus que tout et ne cherche qu’à leur dire au revoir une dernière fois lorsqu’il se retrouve séparé d’eux au début du roman.

Mateo est un peu l’inverse de Rufus. Il n’ose plus sortir de sa chambre à partir du moment où il reçoit l’appel et en vient à se demander s’il ne passerait pas plutôt sa dernière journée à faire ce qu’il a toujours fait : lire des livres de fantasy et jouer aux jeux vidéo. Il veut revoir sa meilleure amie une dernière fois mais sans lui dire qu’il est mourant car il veut l’épargner et profiter d’elle telle qu’elle est habituellement. Seul chez lui, il décide de s’inscrire sur l’application Last Friend pour parler de l’annonce de mort avec d’autres concernés ou au moins pour se sentir moins seul dans ce moment.

La dynamique entre Mateo et Rufus est belle, drôle, puissante, touchante. Avec cette optique qu’ils vont tous les deux mourir de toute façon, ils ne prennent pas la peine de se cacher des détails trop personnels ou de faire semblant d’être d’autres personnes, comme Mateo avait l’habitude de le faire.  Ainsi, ils accélèrent le processus de faire connaissance et deviennent proches très vite, ne prenant pas la peine de se dire que l’autre va le juger.

Le livre audio

Je ne suis pas très livre audio mais je dois avouer que celui-ci, disponible uniquement en anglais sur audible, a été une excellente expérience. Les deux personnages ont leur propre voix et une troisième narre les personnages secondaires. Ils font tous les trois un très bon travail de lecture et rendent le livre très immersif (voir un peu trop à la fin). J’ai été convaincu même si je pense qu’en livre papier, mon expérience aurait été tout aussi bonne. Je recommande pour ceux qui lisent en VO.

Note:

Je ne sais pas si ce livre est un coup de cœur car même si l’histoire est passionnante, ce n’était pas une de ces lectures qui changent une vie. Elle était intéressante et les réflexions justes et bien développées. Je donnerais à ce livre un 18/20 pour son addiction, ses personnages très réalistes et l’idée de départ qui était très bien exécutée selon moi. Si vous recherchez un livre rapide à lire, très bien écrit avec une belle histoire entre deux personnages qui se poussent vers le haut, ou que vous avez apprécié Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, ce livre est fait pour vous.