Le Prieuré de l’Oranger

  • Auteure : Samantha Shannon
  • Pages : 958
  • Genre : Fantasy Adulte

Résumé :

Au reinaume d’Inys, la lignée Berethnet règne sur l’Ouest de mère en fille depuis 1000 ans. La survie de cette lignée, dit-on, est la seule chose qui empêche le Sans-Nom, un dragon de feu, de se réveiller et reprendre son règne de chaos. Pourtant, les serviteurs de ce monstre commencent à se manifester. Des menaces de plus en plus nombreuses pèsent sur la reine Sabran IX, remettant en doute la légitimité de son pouvoir.

Ead a quitté le prieuré de l’Oranger afin de protéger cette reine, malgré la divergence de leurs religions et malgré le fait que faire usage de sa magie pourrait la condamner à mort.

A l’Est, Tané est sur le point d’intégrer la dynastie des dragonniers et de faire la rencontre des dragons d’eau. Mais sa rencontre avec un étranger arrivé illégalement sur les côtes de la Seiiki pourrait bien l’empêcher de réaliser son rêve.

Avis :

L’intrigue

L’intrigue se base principalement sur les divergences religieuses entre l’Est et l’Ouest ainsi que sur la peur du Mal Rouge, présent uniquement à l’Ouest. Le point de départ de l’histoire est d’ailleurs l’arrivée d’un Ouestrien à l’Est et le risque que celui-ci soit infecté par cette maladie draconique.

On suit une multitude de personnages des deux côtés de la carte, ayant chacun leur propre histoire, qui finissent par s’entremêler. A l’Ouest, à Alscalon, l’histoire se base principalement sur la vie de cour de la Reine, son refus de se marier et d’engendrer sa descendance. On suit également Ead et sa volonté de se rapprocher de la reine pour la protéger de la menace de mort qui pèse sur elle, tout en dissimulant ses pouvoirs de mage.

En Seiiki, l’intrigue tourne autour de la volonté de Tané de devenir dragonnière et d’ainsi combattre aux côtés des dragons. L’arrivée d’un Ouestrien met pourtant en péril son rêve d’une vie, lorsqu’elle décide de ne pas le déclarer aux autorités en le trouvant sur la côte. Cette seule décision va la précipiter dans une quête qu’elle n’aurait pas soupçonnée.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est la complexité de chaque arc narratif. Au début, on apprend à découvrir les différents personnages, à comprendre leurs enjeux et leurs motivations. Puis, petit à petit, la véritable intrigue commence et l’action ne s’arrête plus jusqu’à la fin. Le rythme est soutenu, l’histoire passionnante à suivre et le monde intrigant. J’ai apprécié le fait que la religion soit un point majeur de l’histoire et qu’elle prenne une part très concrète dans le déroulement de certains événements.

L’écriture

Lorsque je me suis plongée dans ce livre de presque 1000 pages, j’ai eu peur de m’ennuyer à certains moments ou de me trouver face à des descriptions de l’univers à n’en plus finir. Pourtant, l’écriture de Samantha Shannon m’a tout de suite plongée dans l’histoire, et malgré le début plutôt lent qui sert à poser les bases du monde que l’on découvre, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. J’ai tout de suite aimé suivre les différents personnages et les clés de compréhension de l’univers sont donnés au fur et à mesure, ce qui ne rend pas le récit lourd d’informations. Au début, on ne comprend pas tous les éléments donnés et certains mots de vocabulaire mais l’incompréhension se dissipe peu à peu. La plume est très addictive et je me suis retrouvée au milieu du roman à ne plus vouloir m’arrêter car chaque chapitre me donnait envie de lire la suite et l’action et les retournements de situations ne s’arrêtaient plus. Si bien que je n’ai pas vu les 950 pages passer.

Les descriptions sont très visuelles ce qui m’a permis d’imaginer le monde de manière très concrète et me donnait envie d’en découvrir toujours plus. On a beau se retrouver face à de nombreux lieux, avec des coutumes, des styles, des architectures différentes, je ne me suis pas retrouvée perdue au milieu. Chaque ville à ses particularités. Les personnages ont des traits physiques spécifiques à l’endroit dont ils sont originaires. On peut d’ailleurs faire des analogies avec le monde réel, par rapport aux traits physiques, aux consonances des noms choisis ainsi qu’aux climats décrits.

Les personnages

Ead Duran est une femme déterminée et dévouée à ses racines. Se retrouver dans une cour où elle ne partage aucune croyance ni coutume la force à jouer la comédie en permanence. Les personnes vivant à la cour ne manque d’ailleurs pas de lui rappeler qu’elle est une hérétique. C’est sa dévotion à la mission donnée par le prieuré qui dicte ses faits et gestes, quand bien même ça pourrait la mettre en danger sur ce territoire qui n’est pas le sien. C’est à travers ses yeux qu’on apprend à connaitre la reine Sabran XI, qui a une part très importante de l’histoire mais dont on n’a jamais le point de vue. Ce personnage étant d’un naturel très froid et réservé, le fait de ne pas avoir son point de vue renforce le mystère planant sur elle, ses motivations, ses émotions.

Niclays Roos est un médecin exilé qui a connu l’Ouest mais qui est forcé de vivre à l’Est. Il prend une part importante de l’histoire quand Tané va l’obliger à héberger l’inconnu débarqué de l’Ouest. Il s’agit d’un personnage complexe à la fois attachant et détestable qui n’a qu’une motivation depuis toujours, finir le travail que son amour de jeunesse a commencé.

Tané m’a semblé, au départ, peu impliquée dans l’histoire globale du roman. Elle suit son rêve de rencontrer les dragons d’eau et agis uniquement en fonction de ça. Mais un élément va tout changer et ses motivations également. C’est une femme de valeur qui se dévoue totalement aux personnes qui l’entoure. C’est un personnage que j’ai vraiment appris à aimer suivre au fur et à mesure de son évolution.

Les personnages secondaires sont extrêmement nombreux mais suffisamment développés pour qu’on se souvienne d’eux. J’ai beaucoup apprécié le fait qu’un équipage de pirate prenne une part importante de l’histoire et donc qu’une partie de l’intrigue se passe en mer. J’ai également aimé le fait que l’on voyage beaucoup d’un pays à l’autre et donc qu’on ai une vue d’ensemble des problématiques et des enjeux de chacun. Globalement, tous les personnages sont bien écrits et mémorables, ce qui n’est pas évident lorsqu’on apprend à en connaitre une quinzaine.

Récapitulatif et note

Points forts

  • L’immersion
  • Les personnages très développés et singuliers
  • La complexité de l’intrigue

Points faibles

  • La complexité de l’intrigue et du monde peut être un frein pour certains car il faut au moins 150 pages pour comprendre à peu près où l’histoire va et dans quel monde on se trouve. Il faut aimer les longues expositions.

Le prieuré de l’oranger est un roman que j’ai apprécié de A à Z. De l’intrigue aux personnages en passant par l’univers décrit, c’est un coup de cœur et probablement le roman qui se hissera sur la première place de mes meilleures lectures de l’année 2020. Je lui mets la note de 20/20 et le recommande aux personnes qui aime la fantasy très développée mais également à ceux qui aimerait découvrir le genre car il vaut le détour. Ne vous laissez pas décourager par sa taille car une fois plongé dedans, vous ne verrez pas les pages défiler.