Mid Year Book Freak Out Tag (Fr)

Le but de ce tag est de faire un bilan de mes lectures de cette année jusque-là, en répondant à une liste de questions.

1- Mon livre préféré de l’année jusque-là ?

The Starless Sea par Erin Morgenstern. J’ai rédigé un article complet en anglais sur ce qui m’a fait adorer ce roman. Il fait désormais partie de mes livres préférés de tous les temps, au même titre que Le Soleil Est Pour Toi et La Maison Dans Laquelle.

2-La meilleure suite de saga que j’ai lu ?

La Passe-Miroir Tome 2 : Les disparus du Clairdelune par Christelle Dabos. Le premier tome m’avait plu mais pas autant que je l’aurais voulu. En revanche, ce deuxième tome m’a transporté du début jusqu’à la fin et j’ai hâte de lire la suite à présent.

3-Une nouvelle sortie que je veux lire ?

L’Énigme de la Chambre 622 par Joël Dicker. Je ne sais rien de ce roman mais j’aime la plume de Joël Dicker et le suspense qu’il est capable de mettre en place.

4-Une sortie littéraire que j’attends avec impatience ?

Je n’ai actuellement pas de livres dont j’attends la sortie mis à part peut-être le tome 4 de la Passe-Miroir, La Tempête des Echos, en format poche chez Folio. Je doute cependant qu’il sorte avant fin 2020.

5-Le livre qui m’a le plus déçu cette année ?

UN(e)SECTE par Maxime Chattam. Ça n’a pas été à proprement parlé une mauvaise lecture. Comme je l’expliquais dans ma chronique, j’attendais beaucoup plus de ce roman et j’ai globalement été déçue de la prévisibilité de l’histoire.

6-Le livre le plus surprenant ?

L’Héritage de L’Epouvanteur (Tome 16). L’épouvanteur fait partie de mes sagas préférées mais j’avoue que les derniers tomes me laissaient un sentiment mitigé (La deuxième partie de la saga). J’ai énormément aimé la conclusion de cette histoire et j’ai été surprise positivement de la tournure qu’à pris le récit.

7-Nouvel(le) auteur(e) favorit(e) ?

Erin Morgenstern. Après avoir autant aimé The Starless Sea, je me suis immédiatement procurée The Night Circus qui est ma lecture en cours et que j’aime énormément également. J’apprécie son écriture singulière et l’imagination dont elle fait preuve dans la mise en place de ses univers et de ses personnages. J’attends avec impatience de lire ses prochains romans même si je pense que ce n’est pas pour tout de suite.

8-Nouveau crush fictif ?

Je n’ai pas de crush fictifs donc je vais plutôt parler d’une romance que j’ai beaucoup aimé et que j’ai trouvé très mignonne dans Le Prieuré de l’Oranger. Je ne peux pas dire entre qui et qui elle se crée car ce serait spoiler une partie de l’histoire que j’ai aimé découvrir sans rien en savoir mais moi qui n’aime pas spécialement les histoires d’amour dans mes livres, j’ai apprécié le développement des sentiments progressifs de ces personnages.

9-Nouveau personnage préféré ?

J’ai trouvé extrêmement intéressants les personnages de Every Heart a Doorway et notamment Jack qui est l’une des personnages secondaires de l’histoire. Il s’agit d’une jeune femme intelligente passionnée de médecine un peu particulière qui a vécu plusieurs années dans un monde sombre très différent du nôtre et qui, par conséquent, à des standards de « normalité » très éloignés de ceux que l’on connait. La manière dont elle raisonne et dont elle parle naturellement de choses que l’on pourrait considérer comme grave m’a particulièrement plu. Je n’avais jamais lu un personnage comme elle (et comme beaucoup des personnages de ce livre d’ailleurs).

10-Un livre qui m’a fait pleurer ?

Aucun livre ne m’a fait pleurer cette année mais j’ai fait une relecture de Fruit Basket récemment et l’un des tomes m’a quasiment ému aux larmes.

11-Un livre qui m’a rendu heureuse ?

Tous les livres ou presque que je lis me rendent heureuse mais si je devais en choisir un, ma troisième relecture, cette fois en anglais, de Le Soleil Est Pour Toi (I’ll Give You The Sun) de Jandy Nelson me transporte à chaque fois.

12-Le plus beau livre que j’ai acheté ?

Every Heart a Doorway par Seanan McGuire. Il s’agit de ma réponse car même si j’ai lu le Prieuré de l’Oranger cette année, je l’ai acheté en fin 2019 et il s’agit clairement du plus beau livre de ma collection. Mais Every Heart a Doorway possède une esthétique qui me plait particulièrement également.

13-Le livre que je veux absolument lire avant la fin de l’année ?

L’Ami Imaginaire par Stephen Chbosky fait partie des livres que j’ai le plus hâte de lire. Je peux également citer Le Problème à Trois Corps de Liu Cixin, les autres tome de la saga Wayward Children de Seanan McGuire ainsi que le tome 3 de la Passe-Miroir.

Les Nuits de Reykjavik

Résumé

Le corps d’un sans-abris est retrouvé dans une rivière à Reykjavik. L’affaire se conclue très vite : l’homme, connu pour être alcoolique, s’est accidentellement noyé. Pourtant, un an plus tard, le policier de nuit Erlandur reprend l’enquête et réalise que cette histoire cache bien plus qu’une simple histoire de noyade.

Avis

Intrigue

L’histoire se concentre principalement sur le métier du personnage principal Erlandur. Il patrouille dans la brigade de nuit de la police locale. Sur son temps libre, il reprend l’enquête qu’il pense avoir été trop vite bouclée un an plus tôt. J’ai eu plusieurs problèmes avec cette intrigue et c’est ce qui a fait que je n’ai pas particulièrement aimé ce roman. Premièrement, le quotidien d’Erlandur n’est pas passionnant à suivre et très répétitif. Il patrouille, arrête des conducteurs en état d’ivresse chaque soir, se rend à certains domiciles pour tapage nocturne et c’est à peu près tout. Quelques interventions sortent du lot, notamment celle d’un homme pris sur le fait en train de frapper sa femme si violemment que les voisins ont appelé la police. J’ai été désagréablement surprise de l’indifférence de tous les policiers lorsque l’homme est relâché sans punition parce que sa femme, envoyée à l’hôpital, n’était finalement pas en danger de mort.

Ensuite, l’enquête en elle-même sur la mort du sans-abris ne m’a pas non plus passionnée. J’ai pris en note lors de ma lecture : « La mort d’un homme il y a un an, inconnu du lecteur, sans aucun vrai contexte ni raison pour reprendre l’enquête, ne suffit pas à créer une intrigue ou du moins un intérêt chez le lecteur, surtout quand l’écriture à côté n’a rien d’exceptionnel ou de captivant. ». En effet, à plus de 100 pages dans le roman sur 350, il ne se passait pas grand chose qui me faisait porter un intérêt à l’histoire. C’était une succession d’évènements sans beaucoup de lien, quelques moments d’une enquête maladroite et aucun élément pour s’attacher à Erlandur. Et malheureusement, ma déception ne s’est pas arrêtée aux premières pages mais a persisté tout du long, si bien que le dénouement ne m’a fait ni chaud ni froid et m’a même un peu déçu car il était finalement très basique.

Ecriture

L’écriture n’a pas aidé à me faire apprécier le roman. On se retrouve face à une plume très factuelle, typique des romans policiers où l’on suit un personnage récurant. Les évènements se succèdent, on n’en apprend très peu sur les personnages, tout s’enchaine sans grand attachement à quoi que ce soit. Si l’intrigue avait attisé ma curiosité ça ne m’aurait pas dérangé mais comme je l’ai expliqué, ça n’a pas été le cas. Ce qui m’a particulièrement dérangé en revanche, ce sont les répétitions. Erlandur apprend quelque chose d’un personnage puis, à chaque nouvelle interaction avec quelqu’un impliqué dans l’histoire, le policier va répéter tout ce qu’il sait déjà. On se retrouve ainsi dans une intrigue policière qui avance peu et qui en plus, devient très redondante. J’ai également noté que les dialogues n’étaient pas très naturels et les réactions peu réalistes. Enfin, un élément m’a dérangé tout le long du roman, le fait que le seul mot utilisé pour désigner Hannibal, le sans-abris décédé, était « clochard ». Je trouve ça peu subtil voire méprisant de la part des personnages mais surtout d’Erlandur qui prétend le respecter et qui veut lui offrir justice en élucidant sa mort.

Personnages

Je n’ai pas grand chose à dire des personnages car au final, on n’en suit qu’un seul, Erlandur, et on n’apprend pas grand chose de lui. Tout ce qu’on sait de lui à la fin, c’est qu’il a plus ou moins une petite amie qu’on ne rencontre qu’une fois, qu’il se passionne pour les livres à propos de survivants en milieux extrêmes et son amour pour le poisson bouilli. C’est un peu grossi mais c’est globalement l’impression que j’ai eu en lisant ce roman. Les personnages secondaires ne servent qu’à faire avancer l’intrigue ou a introduire des suspects mais ils ne sont pas développés non plus. Aucun ne reste en mémoire une fois le livre refermé.

Bilan et note

Points positifs :

  • Ça se lit relativement vite
  • Ça fait un peu découvrir l’Islande, raison principale pour laquelle j’ai décidé de lire ce livre

Points négatifs :

  • L’intrigue n’est pas particulièrement innovante ni intéressante
  • L’écriture est très plate voire maladroite par moment
  • Les personnes n’ont pas ou très peu de développement
  • L’un des thèmes principaux abordés dans ce roman est la maltraitance conjugale et je l’ai trouvé assez mal traité, avec trop de détachement, comme si ce n’était pas un sujet important

En résumé je n’ai pas aimé ce livre, je me suis ennuyée tout du long et la révélation à la fin ne m’a pas satisfaite. Pour cette raison, je mets un 8/20 à ce roman policier. Je commence à réaliser que les romans où un policier est le personnage principal n’est pas fait pour moi car aucun de ceux que j’ai lu récemment ne m’a marqué ou particulièrement plu. C’est peut-être ça le problème car les revus que j’ai pu lire étaient globalement positives.

Le Prieuré de l’Oranger

  • Auteure : Samantha Shannon
  • Pages : 958
  • Genre : Fantasy Adulte

Résumé :

Au reinaume d’Inys, la lignée Berethnet règne sur l’Ouest de mère en fille depuis 1000 ans. La survie de cette lignée, dit-on, est la seule chose qui empêche le Sans-Nom, un dragon de feu, de se réveiller et reprendre son règne de chaos. Pourtant, les serviteurs de ce monstre commencent à se manifester. Des menaces de plus en plus nombreuses pèsent sur la reine Sabran IX, remettant en doute la légitimité de son pouvoir.

Ead a quitté le prieuré de l’Oranger afin de protéger cette reine, malgré la divergence de leurs religions et malgré le fait que faire usage de sa magie pourrait la condamner à mort.

A l’Est, Tané est sur le point d’intégrer la dynastie des dragonniers et de faire la rencontre des dragons d’eau. Mais sa rencontre avec un étranger arrivé illégalement sur les côtes de la Seiiki pourrait bien l’empêcher de réaliser son rêve.

Avis :

L’intrigue

L’intrigue se base principalement sur les divergences religieuses entre l’Est et l’Ouest ainsi que sur la peur du Mal Rouge, présent uniquement à l’Ouest. Le point de départ de l’histoire est d’ailleurs l’arrivée d’un Ouestrien à l’Est et le risque que celui-ci soit infecté par cette maladie draconique.

On suit une multitude de personnages des deux côtés de la carte, ayant chacun leur propre histoire, qui finissent par s’entremêler. A l’Ouest, à Alscalon, l’histoire se base principalement sur la vie de cour de la Reine, son refus de se marier et d’engendrer sa descendance. On suit également Ead et sa volonté de se rapprocher de la reine pour la protéger de la menace de mort qui pèse sur elle, tout en dissimulant ses pouvoirs de mage.

En Seiiki, l’intrigue tourne autour de la volonté de Tané de devenir dragonnière et d’ainsi combattre aux côtés des dragons. L’arrivée d’un Ouestrien met pourtant en péril son rêve d’une vie, lorsqu’elle décide de ne pas le déclarer aux autorités en le trouvant sur la côte. Cette seule décision va la précipiter dans une quête qu’elle n’aurait pas soupçonnée.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est la complexité de chaque arc narratif. Au début, on apprend à découvrir les différents personnages, à comprendre leurs enjeux et leurs motivations. Puis, petit à petit, la véritable intrigue commence et l’action ne s’arrête plus jusqu’à la fin. Le rythme est soutenu, l’histoire passionnante à suivre et le monde intrigant. J’ai apprécié le fait que la religion soit un point majeur de l’histoire et qu’elle prenne une part très concrète dans le déroulement de certains événements.

L’écriture

Lorsque je me suis plongée dans ce livre de presque 1000 pages, j’ai eu peur de m’ennuyer à certains moments ou de me trouver face à des descriptions de l’univers à n’en plus finir. Pourtant, l’écriture de Samantha Shannon m’a tout de suite plongée dans l’histoire, et malgré le début plutôt lent qui sert à poser les bases du monde que l’on découvre, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. J’ai tout de suite aimé suivre les différents personnages et les clés de compréhension de l’univers sont donnés au fur et à mesure, ce qui ne rend pas le récit lourd d’informations. Au début, on ne comprend pas tous les éléments donnés et certains mots de vocabulaire mais l’incompréhension se dissipe peu à peu. La plume est très addictive et je me suis retrouvée au milieu du roman à ne plus vouloir m’arrêter car chaque chapitre me donnait envie de lire la suite et l’action et les retournements de situations ne s’arrêtaient plus. Si bien que je n’ai pas vu les 950 pages passer.

Les descriptions sont très visuelles ce qui m’a permis d’imaginer le monde de manière très concrète et me donnait envie d’en découvrir toujours plus. On a beau se retrouver face à de nombreux lieux, avec des coutumes, des styles, des architectures différentes, je ne me suis pas retrouvée perdue au milieu. Chaque ville à ses particularités. Les personnages ont des traits physiques spécifiques à l’endroit dont ils sont originaires. On peut d’ailleurs faire des analogies avec le monde réel, par rapport aux traits physiques, aux consonances des noms choisis ainsi qu’aux climats décrits.

Les personnages

Ead Duran est une femme déterminée et dévouée à ses racines. Se retrouver dans une cour où elle ne partage aucune croyance ni coutume la force à jouer la comédie en permanence. Les personnes vivant à la cour ne manque d’ailleurs pas de lui rappeler qu’elle est une hérétique. C’est sa dévotion à la mission donnée par le prieuré qui dicte ses faits et gestes, quand bien même ça pourrait la mettre en danger sur ce territoire qui n’est pas le sien. C’est à travers ses yeux qu’on apprend à connaitre la reine Sabran XI, qui a une part très importante de l’histoire mais dont on n’a jamais le point de vue. Ce personnage étant d’un naturel très froid et réservé, le fait de ne pas avoir son point de vue renforce le mystère planant sur elle, ses motivations, ses émotions.

Niclays Roos est un médecin exilé qui a connu l’Ouest mais qui est forcé de vivre à l’Est. Il prend une part importante de l’histoire quand Tané va l’obliger à héberger l’inconnu débarqué de l’Ouest. Il s’agit d’un personnage complexe à la fois attachant et détestable qui n’a qu’une motivation depuis toujours, finir le travail que son amour de jeunesse a commencé.

Tané m’a semblé, au départ, peu impliquée dans l’histoire globale du roman. Elle suit son rêve de rencontrer les dragons d’eau et agis uniquement en fonction de ça. Mais un élément va tout changer et ses motivations également. C’est une femme de valeur qui se dévoue totalement aux personnes qui l’entoure. C’est un personnage que j’ai vraiment appris à aimer suivre au fur et à mesure de son évolution.

Les personnages secondaires sont extrêmement nombreux mais suffisamment développés pour qu’on se souvienne d’eux. J’ai beaucoup apprécié le fait qu’un équipage de pirate prenne une part importante de l’histoire et donc qu’une partie de l’intrigue se passe en mer. J’ai également aimé le fait que l’on voyage beaucoup d’un pays à l’autre et donc qu’on ai une vue d’ensemble des problématiques et des enjeux de chacun. Globalement, tous les personnages sont bien écrits et mémorables, ce qui n’est pas évident lorsqu’on apprend à en connaitre une quinzaine.

Récapitulatif et note

Points forts

  • L’immersion
  • Les personnages très développés et singuliers
  • La complexité de l’intrigue

Points faibles

  • La complexité de l’intrigue et du monde peut être un frein pour certains car il faut au moins 150 pages pour comprendre à peu près où l’histoire va et dans quel monde on se trouve. Il faut aimer les longues expositions.

Le prieuré de l’oranger est un roman que j’ai apprécié de A à Z. De l’intrigue aux personnages en passant par l’univers décrit, c’est un coup de cœur et probablement le roman qui se hissera sur la première place de mes meilleures lectures de l’année 2020. Je lui mets la note de 20/20 et le recommande aux personnes qui aime la fantasy très développée mais également à ceux qui aimerait découvrir le genre car il vaut le détour. Ne vous laissez pas décourager par sa taille car une fois plongé dedans, vous ne verrez pas les pages défiler.