Maman a tort

  • Auteur : Michel Bussi
  • Pages : 509
  • Genre : Policier
  • TW : Si vous êtes sensibles aux problèmes liés à la maternité / paternité.

Résumé :

Malone, trois ans et demi, voit le psychologue de son école pour une raison bien particulière : il est persuadé que ses parents ne sont pas ses vrais parents. Il possède également un doudou qui lui parle. Le psychologue, persuadé que Malone ne peut pas inventer tout ça, contacte la commandante Marianne Augresse pour l’aider. Cette dernière, prise par une affaire de vol qui a secoué le Havre, ne prend pas ses déclarations très au sérieux. Pourtant elles pourraient cacher un complot qui dépasse l’imagination.

Avis :

Points négatifs

Le sexisme et le racisme ordinaire dont fait preuve l’auteur. Je ne Le sexisme voire le racisme ordinaire dont fait preuve l’auteur. Je ne porte pas plus que ça attention à ce genre ce chose dans mes lectures car je peux passer outre si le récit à côté me plait. En revanche dans ce cas là, les remarques sexistes étaient beaucoup trop présentes. Les personnages masculins sexualisent énormément chaque femme qu’ils rencontrent et les personnages féminins présents dans le roman sont bourrées de clichés dépassés et maladroits. Elles sont toutes obsédées soit par leur apparence soit par la maternité.

La capitaine Augresse qui est supposée être cette femme forte et indépendante qui a réussi dans un milieu d’homme n’est finalement décrite que comme une femme complexée et handicapée par ses rondeurs qui ne rêve que d’une chose : avoir un enfant. Rien de mal à ça mais dans son cas, c’est de l’obsession pure et simple. Chaque homme qu’elle rencontre est un père potentiel même si le timing ne se prête pas à ce genre de réflexion (elle est quand même supposé enquêter sur un braquage n’est-ce pas) et chaque jour qui passe lui rappelle que son horloge interne ne l’attendra pas. Elle aurait pu être un personnage intéressant mais toutes ces réflexions ont fait que son point de vue dans le livre m’agaçait plus qu’il ne me plaisait.

On a de l’autre côté le psychologue Vasile qui se sert de ses atouts pour obtenir ce qu’il veut auprès de la gente féminine (et ça fonctionne à chaque fois). Il y a d’ailleurs une scène déplacée où il ne se gêne pas pour mater une joggeuse dans la rue qui « ne cherche qu’à attirer les regards car elle porte un leggings moulant »… Sans mentionner son fétichisme pour les femmes noires et la comparaison entre une femme seins nus et les femmes dans le film Kirikou. Ce ne sont que quelques exemples qui sont beaucoup trop récurrents dans le récit pour passer inaperçus.

-La longueur du récit. Il s’agit d’un polar de 500 pages mais qui aurait pu être condensé en 400 selon mois. Il y a clairement des petites longueurs, des éléments qui traînent à être résolus ce qui laisse le temps au lecteur de faire le point et de voir arriver les éléments de réponse. Cela nous mène donc au troisième point négatif :

La prédictibilité. Je ne sais pas si c’est moi qui ai déjà vu les plot twists dans d’autres livres ou séries mais à la moitié du livre, j’avais fait une liste d’éléments que je voyais arriver à la fin et ils se sont tous avérés corrects. Cependant, ça ne m’a pas empêché d’apprécier la manière dont ils ont été amené. Même si je devinais au fur et à mesure ce qui était sur le point de se produire, je me disais également que si c’était le cas, c’était une bonne idée dans le contexte du roman. Ça n’a donc pas été une grosse déception pour moi mais je peux comprendre que ça puisse l’être pour d’autre.

Points positifs

L’addictivité. Rien de surprenant pour un polar car c’est ce qu’on attend de ce genre de livre mais j’ai été assez captivée du début à la fin car l’auteur savait me donner envie de continuer à lire. Certains éléments mineurs ont été inattendus et ont contribué à me garder en haleine. Le fait que la mémoire de Malone menace de s’effacer chaque jour qui passe participe à garder un rythme d’urgence et donc accélère le récit. Et en parlant de Malone, il est un point positif à lui tout seul.

-Je me suis rendu compte avec ce livre que j’aimais énormément suivre le point de vue d’un enfant. La narration change ce qui rajoute du rythme à la lecture, (évite les commentaires déplacés) et rajoute un élément original et un point de vue unique sur l’histoire qui se déroule. Le fait que la narration soit également alternée avec des petits morceaux de contes pour enfant m’a également beaucoup plu car on comprend que ces contes ont un sens caché. Ils poussent donc à un questionnement et un intérêt de la part du lecteur.

La fin. Comme déjà mentionné, j’ai deviné la fin du récit quasiment dans son intégralité malgré le nombre impressionnant de révélations mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier chacune d’entre elles. L’action dans les dernières 50 pages ne s’arrête plus, il y a révélation sur révélation et le tout est très satisfaisant. J’espérais que ça se termine d’une certaine manière et ça a été le cas et globalement, j’ai trouvé que c’était un roman bien pensé du début à la fin et original, malgré des twists déjà vus ailleurs, car bien exploités.

La discussion autour de la psychologie des enfants. Le psychologue Vasile avait beaucoup de défauts qui ont fait que je n’ai pas aimé son personnage mais ses discussion avec la capitaine Augresse sur la psychologie et le fonctionnement du cerveau des enfants en bas âge ont rajouté un aspect très intéressant et singulier au roman. On sent que l’auteur s’est renseigné et avait la volonté de pousser un peu plus son histoire. Sachant que toute l’intrigue se base sur le fait que Malone pourrait oublier des détails du jour au lendemain, les discussions étaient très pertinentes et permettaient au lecteur comme aux protagonistes de comprendre les enjeux.

Bilan et note :

Globalement, malgré les nombreux défauts de ce roman, j’en garde un sentiment très positif. J’ai aimé l’intrigue, le rythme et les alternances de récit. Je n’ai aimé aucun des personnages à l’exception de Malone car ils étaient tous un peu clichés et maladroits dans leur écriture mais je suis passée outre car c’est un livre qui se concentre surtout sur l’action. Je ne recommande pas ce livre à tout le monde car il est clairement problématique mais si vous cherchez un bon polar sans prise de tête, penchez vous sur celui-ci, il est très bien pensé. Je lui mets la note de 15/20.

Les Nuits de Reykjavik

Résumé

Le corps d’un sans-abris est retrouvé dans une rivière à Reykjavik. L’affaire se conclue très vite : l’homme, connu pour être alcoolique, s’est accidentellement noyé. Pourtant, un an plus tard, le policier de nuit Erlandur reprend l’enquête et réalise que cette histoire cache bien plus qu’une simple histoire de noyade.

Avis

Intrigue

L’histoire se concentre principalement sur le métier du personnage principal Erlandur. Il patrouille dans la brigade de nuit de la police locale. Sur son temps libre, il reprend l’enquête qu’il pense avoir été trop vite bouclée un an plus tôt. J’ai eu plusieurs problèmes avec cette intrigue et c’est ce qui a fait que je n’ai pas particulièrement aimé ce roman. Premièrement, le quotidien d’Erlandur n’est pas passionnant à suivre et très répétitif. Il patrouille, arrête des conducteurs en état d’ivresse chaque soir, se rend à certains domiciles pour tapage nocturne et c’est à peu près tout. Quelques interventions sortent du lot, notamment celle d’un homme pris sur le fait en train de frapper sa femme si violemment que les voisins ont appelé la police. J’ai été désagréablement surprise de l’indifférence de tous les policiers lorsque l’homme est relâché sans punition parce que sa femme, envoyée à l’hôpital, n’était finalement pas en danger de mort.

Ensuite, l’enquête en elle-même sur la mort du sans-abris ne m’a pas non plus passionnée. J’ai pris en note lors de ma lecture : « La mort d’un homme il y a un an, inconnu du lecteur, sans aucun vrai contexte ni raison pour reprendre l’enquête, ne suffit pas à créer une intrigue ou du moins un intérêt chez le lecteur, surtout quand l’écriture à côté n’a rien d’exceptionnel ou de captivant. ». En effet, à plus de 100 pages dans le roman sur 350, il ne se passait pas grand chose qui me faisait porter un intérêt à l’histoire. C’était une succession d’évènements sans beaucoup de lien, quelques moments d’une enquête maladroite et aucun élément pour s’attacher à Erlandur. Et malheureusement, ma déception ne s’est pas arrêtée aux premières pages mais a persisté tout du long, si bien que le dénouement ne m’a fait ni chaud ni froid et m’a même un peu déçu car il était finalement très basique.

Ecriture

L’écriture n’a pas aidé à me faire apprécier le roman. On se retrouve face à une plume très factuelle, typique des romans policiers où l’on suit un personnage récurant. Les évènements se succèdent, on n’en apprend très peu sur les personnages, tout s’enchaine sans grand attachement à quoi que ce soit. Si l’intrigue avait attisé ma curiosité ça ne m’aurait pas dérangé mais comme je l’ai expliqué, ça n’a pas été le cas. Ce qui m’a particulièrement dérangé en revanche, ce sont les répétitions. Erlandur apprend quelque chose d’un personnage puis, à chaque nouvelle interaction avec quelqu’un impliqué dans l’histoire, le policier va répéter tout ce qu’il sait déjà. On se retrouve ainsi dans une intrigue policière qui avance peu et qui en plus, devient très redondante. J’ai également noté que les dialogues n’étaient pas très naturels et les réactions peu réalistes. Enfin, un élément m’a dérangé tout le long du roman, le fait que le seul mot utilisé pour désigner Hannibal, le sans-abris décédé, était « clochard ». Je trouve ça peu subtil voire méprisant de la part des personnages mais surtout d’Erlandur qui prétend le respecter et qui veut lui offrir justice en élucidant sa mort.

Personnages

Je n’ai pas grand chose à dire des personnages car au final, on n’en suit qu’un seul, Erlandur, et on n’apprend pas grand chose de lui. Tout ce qu’on sait de lui à la fin, c’est qu’il a plus ou moins une petite amie qu’on ne rencontre qu’une fois, qu’il se passionne pour les livres à propos de survivants en milieux extrêmes et son amour pour le poisson bouilli. C’est un peu grossi mais c’est globalement l’impression que j’ai eu en lisant ce roman. Les personnages secondaires ne servent qu’à faire avancer l’intrigue ou a introduire des suspects mais ils ne sont pas développés non plus. Aucun ne reste en mémoire une fois le livre refermé.

Bilan et note

Points positifs :

  • Ça se lit relativement vite
  • Ça fait un peu découvrir l’Islande, raison principale pour laquelle j’ai décidé de lire ce livre

Points négatifs :

  • L’intrigue n’est pas particulièrement innovante ni intéressante
  • L’écriture est très plate voire maladroite par moment
  • Les personnes n’ont pas ou très peu de développement
  • L’un des thèmes principaux abordés dans ce roman est la maltraitance conjugale et je l’ai trouvé assez mal traité, avec trop de détachement, comme si ce n’était pas un sujet important

En résumé je n’ai pas aimé ce livre, je me suis ennuyée tout du long et la révélation à la fin ne m’a pas satisfaite. Pour cette raison, je mets un 8/20 à ce roman policier. Je commence à réaliser que les romans où un policier est le personnage principal n’est pas fait pour moi car aucun de ceux que j’ai lu récemment ne m’a marqué ou particulièrement plu. C’est peut-être ça le problème car les revus que j’ai pu lire étaient globalement positives.